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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 23:40

Image-4-copie-2.pngLes mots sont faux. Fourbes parfois, ils ne nous donnent pas l'occasion d'exprimer tout ce que l'on ressent. Alors on compense avec des adjectifs. Des floppées d'adjectifs. Afin d'essayer de cerner le plus possible ce sentiment, cette impression, ce ressenti, cette sensation qui nous a traversé et qu'il nous est si difficile de retranscrire. Mais même si le résultat n'est pas toujours probant, on réessaie éternellement de mettre des mots sur ce que l'on ressent. Car finalement c'est ça communiquer : essayer de faire comprendre à l'autre ce que l'on ressent, observe ou imagine. Alors même si je sais que mes mots ne seront pas assez forts pour vous raconter ce merveilleux week-end de 3 jours qui m'a tenu éloigné de vous, chers lecteurs, je vais faire honneur à cette qualité de l'espèce humaine.

 

 

Soirée familiale. Les cartes sont distribuées dans un silence religieux, la bouteille de calva posée sur un des coins du tapis de jeu, à proximité d'une coupe remplie de ferrero rocher. Week-end de Pâques oblige. Un petit ange à la chevelure bouclée note les scores sur une feuille de papier. Un petit coeur notifié dans la marge de celui qui prend et une étoile pour celui appelé. Les adversaires se toisent, quelques blagues fusent. Chacun découvre son jeu, se prononce et assiste aux enchères. Puis le chien est retourné, une fois le roi appelé et la partie peut commencer.

 

J'attends. Mes mains et mon cerveau tout au jeu, mes pensées guettent l'horloge. Bientôt. Bientôt il arrivera à la gare. Bientôt il montera en voiture. Bientôt il sera là. 

 

Roi de coeur. Le petit n'est pas encore tombé, malgré quelques ambulances malchanceuses. Nouvelle entrée. Le roi se fait couper par un atout, sourire malicieux. La dame, le cavalier et le valet n'ont qu'à bien se tenir.

 

Les parties passent, les scores montent et descendent selon la veine des participants. Mais que fait-il ? Soudain, dans le reflet de l'horloge apparaissent enfin les phares tant attendus. Mon coeur s'emballe. Il est là, dans la cour, à quelques mètres seulement. Je me lève, n'aspirant qu'à courir vers lui. Mais le voici déjà devant la porte.

 

Lendemain matin. Réveil matinal, dérangée dans mes songes par le battement tempétueux des volets. Je me lève doucement, ouvre la fenêtre et rabats définitivement ces deux battants insolents. L'obscurité se ré-approprie la pièce. J'attends quelques instants que ma vue s'y accommode et le devine sous la couette. Je le rejoins délicatement, déposant un bisou dans son cou. Douceur.

 

Après-midi. Dans la voiture, assise sur le siège passager, je l'observe à la dérobée. Je dévore ce profil tant aimé, cette fossette adorable, ces yeux bleus cyan. Le parebrise se pare de gouttes grises. Confiante, je m'enfonce plus profondément dans le siège. Bien-être.

 

Soirée. Les cheveux mouillés par un bain somptueux, je ris sous cape. Malicieuse, je le pousse sur le lit et l'embrasse passionnément. Bonheur.

 

Dimanche matin. Sur la pointe des pieds je quitte notre grand lit douillet. Je retrouve avec sourire les restes de notre dîner de la veille. Mes spaghettis à la sauce bolognaise faite maison ont beaucoup plu. Mais c'est la vaisselle qui s'impose maintenant. Une petite mine tout endormie pointe enfin son nez hors du grand couloir, je l'accueille par de tout petits mots, ceux du matin, qui font du bien. Câlin.

 

Plus tard, j'accompagnerai sa grand-mère à la pizzeria. Plus tard, je rougirai devant cette phrase "- C'est votre petite fille ? - Un jour prochain je l'espère ;) ". Plus tard, je le ferai frémir en passant ma main dans ses cheveux. Plus tard, j'aurai la réponse de la sienne, sur ma cheville. Plus tard, je le sentirai me dire des mots doux à l'oreille. Plus tard, il me dirait merci, dans un long baiser romantique devant un feu rouge. Plus tard, je serais dans ses bras, lovée contre lui dans le canapé devant un superbe film. Plus tard ...

 

J'aurai voulu que ce week-end ne finisse jamais. Comme tous ceux passés tous les deux. Hâte de partager ton quotidien, ta vie, d'en faire plus que partie. Plus tard, je serais tienne.

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 22:31

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Saint Antonin. 16h30. Une petite robe noire, mes cheveux relevés en un gros chignon, me voilà prête à partir à l'aventure. Un dernier coup d'oeil dans la glace, un pschitt d'eau de chanel et je m'évade de la maison familiale. La route traversée, j'attends. 5-10-20 minutes. Le bus se fait attendre, je m'impatiente, agacée d'être dévisagée par tous ces vacanciers en voiture. Le voilà enfin.

 

Cours Mirabeau. 17h. Mes grosses lunettes de mouche sur le nez, je textote devant Monoprix. La voici. Je la reconnais entre toutes et tous. La simplicité même, beauté naturelle intemporelle. Sourires. On se retrouve en riant. Une mamie masquée nous fait nous esclaffer avant que l'on trouve refuge dans un café. Et là, le temps s'arrête. Une brise légère nous surprend après l'intervention vitaminée du barman peu aimable. Paroles, rires, récits. " Et les zamours ? ", " Et tu es où maintenant ? ", " Et tu fais quoi ? ", " Et après tu te vois dans quoi ? ". Elle verse son coca, pardon Pepsi ;), tandis que je me jette sur mon jus de raisin. Et c'est reparti. il faut dire que 3 ans ça laisse des choses à raconter. L'après bac ou l'errance, les déceptions amoureuses ou amicales, les choix qu'on se retrouve à faire. Chassées par deux individus à clope ( j'ai développé une quinte de toux ridicule à leur satanée fumée ) nous nous sommes retrouvées à errer dans les rues d'Aix, plus intéressées par nos vies à raconter que par les vitrines des magasins. Une fontaine nous a offert notre dernier point de chute, avant que, limitées par nos derniers bus, nous battions retraite vers la Rotonde.

 

Route Cézanne. 19h30. Tandis que le bus me ramène sagement vers le domicile familial je repense à ces retrouvailles. Le plaisir de retrouver une complicité mise en veille pendant 3 ans. La frustration, même, que le temps ait passé si vite, qu'on ait pas pu tout se dire ni même pu rester encore quelques heures à bavarder tranquillement. Mais tout ceci nous pousse à vite remettre ça, aux prochaines vacances, qui seront bientôt là. En espérant que, la prochaine fois, nous serons moins dérangées dans nos papotages par des hurluberlus échappés de Montperrin ! ;)

 

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 23:37

 

Image-9-copie-2.png Les larmes ont coulé. Les yeux rouges, des mèches de cheveux collées sur le front, je respire difficilement. Recroquevillée sur moi-même, je trouve finalement un peu de bien être en position foetus. Le sang bat violemment contre mes tempes. Mon nez coule et mon eye liner se fait la malle. Mes mains viennent chiffonner ce visage dévasté. Hoquet. La douleur part du bas-ventre et remonte, enserre mon petit coeur et trouve son apothéose au niveau des méninges. Je me bouche les oreilles. Ne plus m'écouter penser. Juste un instant, essayer de s'oublier. Mais la fausse tranquillité attendue est vite interrompue. Des mains maternelles poussent la porte de la chambre et viennent caresser mon front. Le " chuuuutttttt, voiilààààà " de mon enfance réapparaît. Ma gorge se resserre, des sanglots s'y étranglent. Ses doigts jouent avec ma frange et descendent, tout doucement, l'arrête de mon nez. " Ne t'inquiète pas, tu vas y arriver ". Je m'engouffre tout entière dans son étreinte. Un ronronnement me rappelle que nous ne sommes pas seules dans cette chambre. Maguy effleure du bout de ses moustaches mon bras, cherchant à capter mon regard de ses grands yeux de félin.

 

Déstabilisation. Erreurs. Cafouillage. Incompréhension. Stress. Colère. klaxon. Permis repoussé.

 

La tête entre ses bras, je sèche mes dernières larmes. " Rhooo si j'avais su que j'aurai des filles aussi stressées, je vous aurai direct collées au décontractyl à la naissance ". Rires. Mes yeux, bridés par les pleurs, brûlent en se ré-ouvrant. Trop de déception encombre encore ma petite tête mais je relâche, peu à peu, la pression. Ses mains sentent bon la crème à la menthe fraîche qu'elle vient de s'appliquer. Des gouttes d'eau chatouillent mon cou. Ses cheveux mouillés me signalent qu'elle sort juste de la douche. J'inspire longuement. Et expire en tremblant. La douleur est passée, seuls des séquelles me secouent encore. Frissons. " Ne t'inquiète pas ma puce, ça ne vaut pas le coup de se mettre autant de pression ". Soupir. Un bisou sur mon front et une caresse dans le cou. Elle se détache peu à peu et me laisse doucement me calmer. Mais l'orage est passé. Un sourire en appelant un autre, mes lèvres s'étirent, rayon de soleil au milieu des nuages. Et je puise la force de me relever. Pour avancer. Toujours en regardant vers l'avant.

 

Que serait-on sans nos mamans ?

 

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 23:34

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La violence des phares qui surgissent parfois dans la nuit noire blesse mes yeux. Une barre au front, les gestes fatigués, je me concentre sur la route, seule ligne de conduite. Je traverse des hameaux fantômes, franchis des dos d'âne, coupe des virages. Parfois deux petits yeux en négatif perturbent la monotonie de la route, mais ils disparaissent presque aussitôt dans le fossé. Les panneaux phosphorescents sont par moment le seul élément à me tenir compagnie. Je roule. La vitesse m'apparaît dangeureuse, la voie semble parfois rétrécir mais un frottement et mes yeux fatigués reprennent du poil de la bête.

 

Première. Seconde. Troisième. Limitation. Seconde. Troisième. Stop. Première. Seconde. Troisième. Insertion autoroute. Quatrième. Cinquième. Ralentissement. Quatrième. Bretelle. Troisième. Réinsertion. Quatrième.

 

Mes épaules s'afaissent, mes paupières deviennent lourdes. Nouveau frottement. Plus énergétique cette fois-ci. Pincement de joue. Contrôles dans le rétroviseur. Clignotants. Angle mort. Je me déporte, cri de maman. Petit sursaut de surprise, panique vite envolée. La fatigue semble avoir les mêmes effets sur elle. Une fois une petite soeur toute courbaturée récupérée à la gare TGV, retour maison. Changement de file. Camions. Excités du volant, ligne blanche. Autoroute tranquille puis campagne. Plus un chat. Des lumières au loin. La Sainte Victoire joue les décalcomanies. Descente finale, dernier crénau et puis dodo.

 

En espèrant que cette expérience me rendra plus zen demain pour mon heure de conduite pro-permis ... Give me chance ! ;)

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 19:29

Image 1-copie-2Le soleil caresse de ses derniers rayons la végétation qui m'entoure. Des nattes dans les cheveux, pas maquillée, en short et les genoux repliés j'écoute mon esprit s'évader.

Des voix proviennent de la rivière, les cousins ont décidé de construire des cannes à pêche avec des tiges de bambous. Il y a des rires, des éclaboussures, mais surtout un bonheur d'être ensemble, les pantalons relevés, pieds bien rafraîchis. Je les imagine sur un des nombreux troncs qui traversent la rivière, assis en dalton juste au-dessus des têtes des dits-poissons.

Maman et André bronzent sur la terrasse en maillots de bain multicolores. Chevelures blondes ondulant sous l'effet d'une légère brise, je surprends la mélodie d'une confession intimiste.

Le pool-house, bien fermé, permet à mon oncle une petite sieste bien méritée.

 

Trop de choses se bousculent dans ma tête. Travail, futur, emploi, amours, histoires de couple, leçons de vie. J'hoche la tête au vent pour mélanger tout ça. Que doit-on faire, ou penser ? Que doit-on dire, imaginer pour réconforter ? 

Ma courte vie valse devant mes yeux, avec ses hauts et ses bas et le recul que seul permet le passé. 

Une envie de m'étourdir de musique, de danser sur un pied, de tomber, rouler et rire, seule, au milieu de nulle part.Je retrouve mon pont, laisse pendre une jambe puis l'autre et me perds dans la contemplation du ciel entre le rideau végétal. 

On en revient toujours au même point. Qu'est-ce que le bonheur finalement ? Est-ce se poser des questions sans arrêt pour finalement s'arrêter de vivre ? Non je regrette. Et même si la leçon à tirer est loin des conventions actuelles, je m'en fiche, je suis prête à tout pour vivre pleinement ce que la vie s'apprête à m'offrir.

 

Sexe, joies, disputes, petits ou grands bonheurs, éclaboussures, sourires, bobos, secousses, amour, folies, douceurs, ivresse, accélérations, violence, perturbations, rires, gestes tendres, pleurs, arc-en-ciel d'émotions.

 

Welcome la vie et ses tribulations !

 

 

 
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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 13:43

Image 1-copie-1

 

La maison résonne de rires d'enfants, les chiens vont et viennent, partageant cette allégresse familiale. Les premières chaleurs engourdissent les mouvements, les transats sont tirés et invitent aux confidences. Les jeans sont remontés, dénudant les mollets encore blancs de l'hiver passé. Les chapeaux sont de sortie, accompagnant les grosses lunettes de soleil. Les ongles sont peints et repeints à loisir, les cheveux attachés à la va-vite, l'esprit et le corps se relâchent le temps d'un instant. La fraîcheur habituellement apportée par la vision turquoise de l'eau de la piscine manque, et ce n'est qu'alors que l'on remarque que l'on est encore qu'en avril. Le chat ronronne au soleil.

 

Mais soudain une flotte de cousins venus du Nord soulève les pans de la bâche verdâtre. Les balais sont distribués, les postes attribués et des ordres fusent de toute part, entraînant une grande ondée humaine. La bâche quitte son poste hivernal, libérant la piscine du joug des ténèbres. Le robot tente une approche approximative mais les feuilles mortes remontent vite à la surface de l'eau trouble. Le filtre est enclenché. Un peu fourbue, la troupe engage une retraite bien méritée vers l'intérieur de la maisonnée. Des oeufs de pâques et autres décorations champêtres décorent les meubles et les perruches fournissent un doux fond sonore. Les embrassades sont franches et les yeux pétillent du plaisir des vraies retrouvailles. Les oncles se charrient, prennant à partie les plus jeunes. Des crêpes réconcilient tout ce petit monde, attablé en assemblée pleine de vie.

 

Plus tard les plateaux des jeux de société envahiront les tables tandis que les plus grands se défieront au tarot. Les filles se retrouveront dehors, adoptant les transat pour bavarder gaiement vernis à ongles, magasines et petits tracas. Le soleil jouera à cache-cache préservant nos petites peaux d'un coup de soleil écarlate. Mon coeur résonnera de ce bonheur familial implosant de plaisir contenu. Et, malgré le petit pincement qui accompagnera le départ de chéri pour son retour à la vie parisienne, la joie de le voir au milieu de tout ce petit monde, de MON monde, m'aura comblé pour survivre jusqu'aux prochaines retrouvailles ...

 

Et que VIVENT les VACANCES !

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 01:27

Image 1Le charme opère toujours. Dès les premières notes au piano mon coeur bondit d'allégresse, mes sensations se redécouvrent et chaque minute du film fait naître de nouvelles ondées de frissons ...

 

 

J'aime ce romantisme à fleur de peau, cette minutie des dialogues, la beauté qui transpire de toute chose : coiffures champêtres, robes empires, rubans, paysages, nature, pluie, soleil matinal ...

 

 

Mes larmes me surprennent une fois encore, pourtant bien habituées par de nombreux visionnages. Les images enchantées perdent un peu de leur qualité avec le temps et l'usure du DVD. Mais la magie m'enveloppe toujours autant.

 

 

Dieu que ce film me fait revivre, soulève pour moi des montagnes de féminité et d'assurance. Ces soupirs épris, ces jeux de regards, la déclaration amoureuse connaît ici son apothéose. Un genou au sol, un tremblement de lèvre qui fait naître un sourire et l'enchantement m'enserre dans ce tourbillon de sentiments.

 

 

Mais ce qui nous apparaît d'un autre siècle se retrouve quelque fois encore aujourd'hui. Quand, en effet, l'aboutissement d'une tendresse sans égale dépasse le simple baiser : un frôlement de ses doigts sur mon front m'offre une douce vision du paradis tandis qu'il s'apprête à y poser ses lèvres. La caresse de sa main qui descend le long de mon dos, chatouillant ma nuque et le creux de mes reins, ou la simple chaleur de son corps endormi pressé contre le mien dans une étreinte protectrice. Une dispute détournée en sourire, une visite surprise en semaine ou encore la découverte d'une tendre attention dans la paume de sa main ... 

 

 

Je revois encore son sourire, dissimulé avec peine entre les 20 roses blanches et rouges, ou l'imagine à l'ouverture d'une lettre postée quelques jours auparavant.

 

 

Ainsi donc je ne peux plus longtemps le nier, je suis une romantique née ...

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 19:33

 

 

P1020546

 

La nuit fut mouvementée. Des vagues de chaleur et un mal de tête ont secoué mes songes. Les oreillers étaient tièdes et le lit bien trop grand pour une personne. Réveillée de bon matin, quel délice de pouvoir enserrer plus fermement ses draps et profiter de ce sommeil tardif mais si voluptueux ... Un petit jazz naît dans ma tête alors qu'enfin je sors du lit pour ouvrir les rideaux métalliques. Maguy dans les jambes, je me faufile jusqu'à la salle de bain. Mais mes grimaces ne masquent pas les petites cernes qui soulignent mes yeux dans la glace. Ma boîte mails regorge de poissons d'avril publicitaires et mon petit bidou gronde. Je retrouve avec un sourire ma fidèle boîte de ponstyl. 

 

Habillée et un déjeuner vite avalé, je descends les escaliers joyeusement. Une fois la rue traversée et quelques étages montés dans un ascenseur ultra silencieux je retrouve une petite voix familière. Des boucles blondes et un petit rire qui file la pêche. Une fois sa maman saluée, je kidnappe ce petit ange et l'emmène se promener. La montée du monastère réveille de vieilles courbatures au creux de mes reins et la chaleur estivale me surprend. Mais quel plaisir d'humer le flot de parfums qui émane des parterres du jardin ! Le petit prince ne s'est pas endormi pendant notre pénible ascension et ne tient plus dans sa poussette. Il fait rire un couple de retraités en la poussant lui-même, produisant de joyeux zigzags.

 

Mr nounours discute tranquillement avec Mr bonhomme de Minicooper à l'ombre du citronnier. Je le regarde jouer tout seul, levant les yeux de mon livre, surprenant des mots nouveaux au détour de drôles dialogues. Mais soudain il décide de changer d'air et reprend le contrôle de la poussette. Il m'entraîne sur le chemin du parc Bellanda. Une fois les grilles passées un énorme toboggan attire son attention. Il crapahute, rigole, vient me prendre par la main, embrasse son nounours et salue tout le monde d'un bonjour bien sonore. Mais il est déjà l'heure de rejoindre sa maman qui, rayonnante en robe printanière, nous accueille à la porte de l'appartement. Un petit bisou déposé sur son front et me revoilà dans la rue.

 

De retour chez moi, le mal de tête réapparaît et la fin d'après-midi m'apparaît interminable. Un petit changement de tenue et un aller-retour au centre sportif Jean Bouin me donnent l'impression de reprendre le contrôle. Mais une fois en baskets le cours d'abdos prévu fait gronder un peu plus fort mon petit ventre malmené. Lâche, je me rabats alors sur le powerplate pour une première séance découverte. Les vibrations me surprennent mais mon corps m'apparaît plus apaisé lorsque je quitte le centre sur la pointe des pieds. Il n'est pas bien tard mais je me sens déjà très fatiguée. Pourtant tant de projets se bousculent dans ma tête dans l'espoir d'être bientôt tous exaucés. Mais j'en ai assez de lutter, l'humeur marshmallow ne peut être trop longtemps esquivée. Alors j'allume la télé, m'enfouis dans mes draps trop longtemps délaissés, et attends patiemment la fin de cette journée.

 

 

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 00:54

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Les applaudissements résonnent encore dans la pièce. La musique douce mais enjouée a disparu avec la fin du générique. Une larme sèche au coin de mon oeil tandis que noyée dans un océan de douceur je goûte ces derniers instants de plaisir. 

La voix de maman apparaît au milieu de mes pensées tourbillonnantes : " Quand on réalise que notre émancipation ne date que de quelques années, ça donne envie d'être féministe et de le revendiquer ! "

 

 

" Les femmes doivent s'habiller pour elles et leur propre confort, non pour la vanité de leur mari ! "

 

" - Du Jersey ? Et dire que vous allez bientôt habiller toutes les dames comme de vulgaires vendeuses ...

- Toutes les femmes ont droit à la mode, à l'élégance et au pratique. Et ce qu'elles soient ouvrières, infirmières, ou riches héritières. "

 

" Que vont penser les gens en me voyant arriver avec une femme déguisée en homme à mon bras ? "

 

" - Mais c'est le fils de ma soeur, je ne peux m'en séparer !

- Vous connaissez la loi, Mademoiselle Chanel, seule une femme mariée peut prétendre à l'adoption. Nous sommes contraintes de le confier à l'orphelinat. "

 

" - Epouse-moi.

- Pas tant que je serai dépendante de toi financièrement, mon cher Boy. "

 

" - Ciel, elle ne monte pas en amazone ! Et regardez, on voit ses jambes ! 

- Mon dieu, les femmes ont donc des jambes ! "

 

 

Les coiffures dévoilant des florilèges de boucles me font rêver.Les chapeaux, plus somptueux et originaux les uns que les autres, puis les corsets, les gants si élégants, les bijoux d'un autre temps, tout donne envie de remonter dans le temps. Sauf les mentalités. Et pourtant ça ne date pas de si longtemps :

 

1907 : une loi autorise les femmes mariées à disposer librement de leur salaire

 

1942 : les femmes veuves peuvent travailler, même si leurs maris travaillaient déjà, à condition de ne pas causer de licenciement

 

1945 : suppression de la notion de « salaire féminin ». La notion « à travail égal, salaire égal » est inscrite dans la législation

 

1965 : réforme des régimes matrimoniaux : les femmes peuvent exercer un travail sans l'autorisation de leur mari et bénéficier des avantages sociaux

 

1972 : une loi instaure le principe d'égalité de rémunération entre les hommes et femmes ; première d'une série de lois jamais vraiment appliquées sur le sujet

 

1975 : loi interdisant toute discrimination dans la fonction publique; Simone Veil fait voter une loi dépénalisant et encadrant l'interruption volontaire de grossesse ( IVG )

 

 

A Coco Chanel, Simone Veil, et bien d'autres encore,

A toutes ses femmes qui se sont battues pour nous,

Je dédis cet article.

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 00:08

Image 9-copie-1Voilage. Dentelle. Soie. Rubans, plumes, perles, paille, boucles brunes.

Sourire. Petit nez en trompette, frange délicatement estompée. Ses longs cheveux tombent dans son dos et caressent cet instant de féminité. Petit air buté, jodhpur et bottes crème. Coco Chanel. Ou Gabrielle. Cette femme m'inspire.

Longue natte espiègle, pensées confuses mais idées bien arrêtées. Personnalité lumineuse, esprit éclairé. Caractère bien trempé. Tout au long du film je me laisse séduire, happée par la magie du conte. Je frémis de plaisir bien calée entre deux gros oreillers. Et le flash-back peut commencer ...

 

Vacances. La maisonnée s'agite et les petites têtes blondes s'organisent. Les jouets sont séléctionnés par ordre de préférence du moment, les poupées habillées et les cheveux coiffés. Des taches de rousseurs ont déjà pris possession de mon nez. Un livre se trouve être aussi du voyage : Les petites filles modèles de la Comtesse de Ségur. Ma première dent est tombée ce matin. Chacun vaque à sa tache, tentant de ne rien oublier. Mon doudou cygne coincé sous le bras, me voilà fin prête à voyager. 

La voiture est chargée. Papa nous attache sur nos sièges respectifs. Je retiens ma respiration : le petit sapin parfumé à la vanille qui pendouille accroché au rétroviseur me nargue. Ma petite soeur tête son pouce et cale sa petite tête sur l'accoudoir. Mon frère plaisante et je rigole. Les parents prennent enfin place aux commandes de cette étrange expédition. Et au moment où la portière du côté maternel se referme, mon oxygène change soudain d'odeur. Du cou de maman se répand un parfum suave et tout en arabesques. Mais également tenace. Mes poumons se crispent sous l'air chargé de nuances alcoolisées. J'ai du mal à respirer. Mes yeux affolés s'élèvent alors vers le toit de la voiture et découvrent le plus beau spectacle. La lumière fait naître des joyaux multicolores, sorte de flocons estivaux qui me ravissent. Mon odorat se met donc en veilleuse tandis que je cherche l'origine d'un tel miracle. Et quelle n'est pas ma surprise de revenir au même point de départ : la poitrine de maman, arrangée dans un élégant chemisier blanc, découvre un superbe sautoir orné de pierres précieuses. Cette découverte est resté pour moi le plus beau souvenir des vacances, quelles qu'elles eussent été.

 

Ce bijou fait désormais partie de mon enfance. Et il m'a marqué plus encore par sa capacité soudaine à me faire oublier le parfum du CHANEL n°5 que par sa beauté ;) Et j'espère ( en secret ) pouvoir, un jour, à mon tour, le porter.

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