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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 13:40

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Edit : Ce week-end je fais mumuse avec Instagram ;)

Edit2 : Et le petit coeur au point de croix sur le pot de confiture, c'est moi qui l'ai fait ! hihi 

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Published by pillapon - dans Inspirations
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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 08:00

Image-1-copie-11.pngAllez ! En ces temps de vacances plus ou moins studieuses, voici l'occasion de vous parler de mes dernières lectures ... 

 

- Le livre des choses perdues de John CONNOLLY : Catégorie mondes imaginaires

 

" L'Europe est sur le point de basculer dans la guerre. Le jeune David est trop petit pour comprendre la politique, mais il n'en ressent pas moins l'inquiétude qui, chaque jour, mine un peu plus les traits de son père. Le garçon se retrouve livré à lui-même, seul avec Rose, celle qui a remplacé sa mère défunte. Mais un jour, la voix de cette dernière l'appelle, elle est là, toute proche, quelque part au fond du jardin, dans ce tronc creux qui, hier encore, n'était pas là ... Et voilà David aspiré dans un autre monde, peuplé de créatures tout droit sorties des contes qu'il lit à longueur de journée. Un lieu magique et violent où, au détour de chaque chemin, le guette un danger qu'il doit affronter s'il veut un jour rentrer chez lui. "

 

Un livre découvert grâce au swap littéraire de janvier dernier, alors que je cherchais désespérément une histoire originale. La première de couverture, trop sombre, m'avait fait hésiter avant de l'acheter et finalement je me suis REGALEE. J'ai vraiment retrouvé le charme du roman d'aventure aux références imaginaires de TOLKIEN avec un soupçon délicieux de maximes humaines sur la jalousie, la confiance et l'amour tout simplement. Je le conseille grandement ! 

 

 

- Le Choeur des femmes de Martin WINCKLER : Catégorie coup de gueule féministe 

 

" Je m'appelle Jean ATWOOD. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me distingue à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m'oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de " Médecine de La Femme ", dirigée par un barbu mal dégrossi qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste ! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit ? Qu'il va m'enseigner mon métier ? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas - et je ne veux pas - perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur coeur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre. "

 

Enorme coup de coeur pour ce livre, conseillé par ma très chère Emeline, et tout de suite refilé au plus de monde possible, à commencer par ma moman qui a également adoré. Ce livre donne envie de remodeler la médecine mais surtout notre rapport aux autres en effaçant de vieux schémas de hiérarchie du savoir surplombant la "bêtise" présumée de la populace. 

 


- L'amulette de Samarcande de Jonathan STROUD ( premier tome de la trilogie de Bartiméus ) : Catégorie mondes imaginaires

 

" Nathaniel est recueilli, dès son plus jeune âge, par Mr Underwood, magicien confirmé, qui a pour mission de lui enseigner l'art de la sorcellerie. Le jeune garçon révèle très vite des capacités exceptionnelles attisant la jalousie de son entourage, et tout particulièrement celle du sinistre Simon Lovelace, sorcier à l'ambition démesurée. Ce dernier va jusqu'à humilier Nathaniel en public, qui blessé dans son orgueil, mettra tout en oeuvre pour se venger. Pour cela, il appelle a son service le dévoué et rusé génie Bartiméus. Leur but : retrouver l'Amulette de Samarcande aux exceptionnelles vertus protectrices, dérobée par Lovelace, prouver que celui-ci n'est qu'un vulgaire traître, avide de pouvoir, et remettre le précieux talisman entre les mains du Premier ministre, qui lui seul en a la propriété. "

 

Héhé, voici le livre que j'avais reçu en retour de ma swapée sur le thème des mondes imaginaires. Idem que pour le livre des choses perdues, la première de couv' ne m'aurait pas convaincue en librairie. Et pourtant quel livre ! J'ai adoré l'univers des sorciers un peu trop oublié depuis la folie Harry Potter selon un schéma calqué sur notre réalité avec cependant une grande force imaginative concernant la hiérarchisation de la société et les règles inhérentes à cette haute caste des gens de magie. Ces deux livres m'auront définitivement réconciliée avec le genre surréaliste en me montrant à quel point on peut être conditionné par le marketing actuel et passer à côté de chouettes bouquins si leur page de couv' ne nous parle pas.

 

Et vous, quel livre avez-vous emporté avec vous pour les vacances ? Avez-vous fait des découvertes intéressantes ces derniers temps ?

 

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Published by pillapon - dans Parlons bouquins
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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 09:00

Ravie de ma première expérience en janvier dernier, j'ai décidé de réitérer au mois d'avril sur le thème de la bande dessinée. Démonstration en images :

 

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Voici donc les images ( avant/après ) du contenu du paquet que j'ai eu le plaisir de recevoir un lundi matin de très bonne heure. Ma swapée d'avril nommée Nathalie avait choisi le thème des rêves en me faisant découvrir la bande-dessinée " Montreur d'Histoires " très colorée et apparemment parsemées de récits de vie qui au premier abord m'apparaît très sympa. Un charmant marque-pages orné d'une plume bleue, un thé superbement décoré ( des petits lapins multicolores se retrouvent sur un emballage très doux et hermétique )nommé " Philtre d'amour " délicieux et surtout un petit éléphant porte-bagues dont je rêvais depuis Noël accompagnaient la BD.

 

J'ai donc été gâtée une fois de plus par une parfaite inconnue dont j'ai été touchée par les mots sur la carte qui reliaient les présents ainsi que par le talent dans l'emballage des objets.

 

Cela m'a donc poussée à envoyer rapidement le mien ( à une autre swapée inconnue ) que je vous présente maintenant :

 

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Comme vous pouvez le deviner ma swapée était une jeune maman enceinte de son deuxième enfant à qui j'ai donc décidé de concocter un colis plein de douceur(s) et de petites attentions. Je lui ai donc déniché la bande-dessinée " Chroniques d'une Mère Indigne " qui est à mourir de rire, que j'ai accompagnée d'un petit livre de modèles d'anges au point de croix, d'un flacon de petits coeurs en sucre pour saupoudrer d'amour ses futurs gâteaux et d'un petit tee-shirt rigolo en 6 mois pour le petit Gabriel à venir. J'ai comme la première fois tenté de fabriquer un marque-pages original et raccord avec le thème ( car pas toujours facile à dénicher en papeterie ) et choisi une carte postale dans les tons orangés sur le thème de la maternité. 

 

Je suis donc vraiment contente une nouvelle fois de cette expérience très enrichissante culturellement et socialement parlant. Je suis totalement in love de ce principe de " faire plaisir et recevoir en retour " avec la partie casse-tête que ça implique pour concocter un colis qui colle au plus près des attentes et personnalité du ou de la swapée.

 

Un énorme merci à Armalite, du blog leroseetlenoir link et j'espère que cette pratique nouvelle d'échange littéraire vous aura conquis à votre tour ( histoire que vous soyez prêts pour le prochain swap programmé normalement en juillet sur le thème du voyage ). 

 

A très vite ! 

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Published by pillapon - dans Swap
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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 17:34

Image-1-copie-10.pngLa pluie tambourine contre les deux grandes fenêtres. La lampe de bureau est allumée et Maguy dort paisiblement sur le plaid qui recouvre le fauteuil en simili cuir. A travers le rideau de larmes du ciel, j'arrive à percevoir la course folle des nuages parisiens. Une paire de chaussettes blanches aux pieds, lovée dans un coin du grand canapé une tasse de thé à la main, je médite. 

 

J'ai vu des photos de moi en brune, puis châtain clair puis blonde. Avec des coupes de cheveux différentes, des boucles en pagaille aux brushing bien sages. Mais ce qui m'a le plus fascinée a été mon regard, appuyé par un maquillage ou une pose différente. Et je ne peux m'empêcher de repenser à elle.

 

Elle qui sourit de sa façon bien à elle dans la salle d'attente du kinésithérapeute. Avec sa lèvre inférieure légèrement en retrait, dévoilant deux ou trois dents. Ses bras croisés autour de la rotule de son genou droit, un petit pull blanc jeté sur les épaules. Son geste pour replacer une mèche rebelle avec sa main si fine et son vernis couleur terre.

Elle qui rougit quand je lui avoue qu'on me dit souvent qu'elle ressemble à une actrice pleine de charme. Ses joues qui remontent vers ses yeux quand elle m'avoue qu'une fois la boulangère lui a même demandé sur le ton de la confidence si elle n'était pas Juliette Binoche, tout simplement. J'aime voir la fierté d'une femme avant tout quand son rire réveille soudain le silence de la salle d'attente. Et sa phrase, loin d'être anodine, quand on remonte en voiture : " on ne me croit jamais quand je dis avoir cinq enfants ... ".

 

Le soleil fait une petite apparition dans le ciel délavé. Les gouttes de pluie ont laissé des traînées opaques sur la vitre, comme les rivières de mascara qui décorent mes joues quand des larmes impromptues décident de s'échapper. J'aime ces décorations diluées de noir sur ma peau et ce spectacle me fascine autant que mes peines d'un instant.

 

Ses mots soigneusement choisis face à mon dos arc-bouté. Ses variations de mélodie dans la voix en réponse à ma respiration saccadée. Son étreinte qui m'entraîne vers la suite parentale, la tête sur son épaule dans le grand lit en 160. Je sens son odeur maternelle, cette odeur qui nous relie de tant de manières qu'elle nous paraît essentielle. Ce mélange d'effluves de crème pour le corps et de linge propre qui instinctivement m'apaise tandis que ses doigts parcourent l'étendue de mon dos. Et mon coeur paraît enfin calmé, je n'entends plus cette petite voix au fond de moi : " JE VEUX QU'ON S'OCCUPE DE MOIIII ".

Mes yeux lourds des aveux précédents se laissent eux aussi aller à la détente du corps et de l'esprit. Et tout en papillonnant régulièrement ils finissent par se refermer. C'est alors l'heure des confessions, des anecdotes anodines qui débouchent au lever de rideau de petits secrets de famille - ceux dont on se doutait un peu sans vraiment les connaître - à l'énoncé de progrès personnels face au temps qui passe. Un mur de photos surplombe nos échanges, des souvenirs des années maintenant révolues perturbés par la présence de fonds de cadres commerciaux originaux. En effet des zèbres à fond bleu s'immiscent entre les bouilles familières, comme autant de bêtes noires à ailes blanches témoignant de la difficulté de redonner vie photogéniquement parlant à des fantômes hélas disparus. Blotties l'une contre l'autre nous frissonnons au souvenir de la douleur insatiable que cause la perte d'un être cher. 

Plus tard, quand la lumière des lampes de chevet aura laissé la pénombre tout entière recouvrir la chambre et que sa respiration sereine et régulière emplira le silence, je me surprendrai à me demander comment on fait quand on perd sa maman.

 

Encore plus tard, dans un appartement parisien bien éloigné de par les kilomètres et les intempéries, ma tasse de thé nettement refroidie toujours à la main, je reformulerai mes pensées :

 

C'est quand qu'on arrive vraiment à se séparer de sa maman ?

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 20:50

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Je me souviens ...

Je me souviens de la vue de notre appartement.

Je me souviens du calme que me prodiguait la seule vision de la mer, en perpétuel mouvement.

Je me souviens du fauteuil d'extérieur qu'on avait installé sur la terrasse, avec son petit coussin appui-tête couleur soleil. 

Je me souviens d'y avoir passé de longues heures à lire avec la caresse du soleil sur ma peau.

Je me souviens des coups d'oeil que je te jetais, discrètement, alors que tu tournais les grandes pages de cet hebdomadaire avec qui tu avais pris du retard, affalé de tout ton long sur le canapé, préférant la tiède douceur de l'appart à mon engagement pour le soleil.

Je me souviens du cri des mouettes à l'heure de pointe, des lourds paniers de pique-nique que des étrangers traînaient vers la plage, des voiliers au loin et de ta voix me parvenant de la cuisine " une salade avec une pièce de viande, partante ? ".

Je me souviens avoir fermé les yeux et ...

 

Ne plus rien rien resentir d'autre que tes mains, sur mes hanches. De ton sourire caché quand, alors que tu m'embrassais comme pour la première fois, tu murmurais " tu es toute belle ... ". De la pression de ton corps, contre le mien. Du trajet sur l'autoroute où tu me débitais, très sérieux, tous tes nouveaux contacts-contrats et tes déboires d'étudiant coincé entre deux chaises. Je t'écoutais tout en étant ailleurs. Quelque part entre la démarcation de tes cheveux et celle de ton oreille. Ou encore escaladant ce profil tant de fois contemplé, dessiné, adoré. Et alors que n'arrivant plus à la contenir plus longtemps, une de mes mains se faufilait jusqu'à ton cou, effleurant du bout des doigts en zigzaguant à la racine de tes cheveux, je me posais cette éternelle question :

" Qu'a-t-il de si particulier, pour être devenu ma came en moins de 3 ans ? ".

 

Et alors en souriant, tu te tournais vers moi, appuyant le dernier élément que tu venais d'émettre, ta main gauche solidement agrippée au volant tandis que la droite reprenait ses droits sur ma cuisse. Mais alors peut-être saisissais-tu mon égarement, car tu t'arrêtais un instant, avant de poser la question polie :

" Et ta famille sinon ça va ? "

 

Alors, troublée dans le cheminement silencieux de mes pensées, j'étais obligée de construire une réponse un minimum organisée, présentant un à un les membres de mon clan et leurs dernières - conneries/émotions/exploits/mésaventures - nouvelles. Mais tu te mettais encore une fois, par maladresse, à tout gâcher, me rappelant ma grande sensibilité envers ceux qui me sont chers et que je ne vois plus grandir comme avant. Et dans ma tête c'était l'apocalypse, mes yeux commençaient à s'humidifier, ma gorge se resserrait, et mon coeur paniquait. Riche de mes nouveaux apprentissages, je me tournais alors vers ma fenêtre et tirait la langue aux camionneurs invisibles, de toutes mes forces. Et je remerciais alors Osta, quand vaincues, mes larmes battaient en retraite, et que fièrement j'évacuais à coups de pieds au cul les trémolos dans ma voix pour te répondre calmement que tu avais sûrement raison.

 

Plus tard dans la soirée, nous fîmes voler les apparences et, en peau à peau tout contre toi, je me sentais heureuse entourée de tes bras. Mon sommeil fut tranquille, tendrement lové dans un de tes pulls. Le lever du jour m'interpela plusieurs fois avant que je daigne oser sortir du lit sans risquer de te réveiller. Mais tu semblais trop occupé à ratrapper toutes ces heures de sommeil qui t'avaient manqué.

 

Et tandis que j'enfilais un gilet trouvé dans la penderie de l'entrée pour ouvrir les rideaux métalliques du séjour, je songeais à ce nouveau départ que nos coeurs avaient décidé de s'accorder. 

Alors que les lignes épaisses du rideau métallique s'élevaient, me dévoilant chaque fois une parcelle de blanc puis de bleu, je me souviens m'être faite une promesse à moi-même.

 

Celle de ne jamais, jamais oublier la quiétude de ce week-end même si le temps, mêlé à la distance et aux changements, décidait un jour de nous séparer.

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 20:26

Image-1-copie-9.pngPantalon de jogging blanc, tee-shirt préféré et grosse veste-pull, je suis parée pour une petite virée au parc. Dehors il fait beau, l'air est frais et mes lunettes de soleil cachent à peine les cernes malicieuses dessinées sous mes yeux. Mes baskets me permettent d'assurer la montée jusqu'au monastère en gardant la cadence alors que mes excès de la veille affolent encore mon petit coeur. Mes tempes bourdonnent de questions, ma gorge est sèche et j'interdis à ma main de consulter encore une fois l'écran d'accueil de mon Iphone. Je me souviens de mes pensées bizarres entre 6 et 9 h du matin, l'esprit encore délicieusement embrumé par l'alcool. Mais malgré ma petite nuit j'ai l'impression d'être dans une forme olympique. L'effet redbull sûrement qui coule toujours dans mes veines. Les grandes marches franchies je souffle un peu en retrouvant le plat.

 

Levée depuis l'aube, elle avait déjà enfourné deux pains d'épices faits maison, fini son livre sur le grand voyage de Nicolas Vannier offert à Noël par ses petits-enfants, et bien avancé son tricot pour l'arrivée imminente d'un nouveau petit fils. Elle était contente d'elle et avait décidé de s'offrir quelques heures de soleil aux jardins du Monastère, humant déjà l'odeur des nouveaux freesias plantés par les jardiniers, une fois son repas de midi avalé. Elle avait donc plié la belle couverture aux motifs écossais dans son panier en osier, attrapé un chapeau et ses lunettes de soleil afin de protéger sa peau, plus sensible d'années en années. Son regard accrocha alors une photo sur le petit secrétaire du téléphone, et à la vision de son amour envolé, elle sourit en envoyant un baiser. 

 

Mon téléphone émet alors une sonnerie connue et je me précipite pour lire le nouveau message qui s'affiche. Fausse alerte. Ma tension redescend d'un cran et ma main tremble un peu en replaçant une mèche de cheveux derrière mon oreille. Je suis forte, je suis forte, je suis forte. Mon esprit tente par tous les moyens de court-circuiter mon coeur. Pense à autre chose, à cette nuit de folie par exemple, aux déhanchements sur la piste de danse, aux rires éméchés dans l'attente du tramway. Aux confessions franches, les yeux humides de sentiments mélangés. Et ça marche, je me prends à sourire.

 

La porte bien fermée à double tour, elle descend tranquillement les marches du perron. Un sourire au voisin, elle referme le portillon sur son passage, avec le geste élégant que permet l'ancienneté. Elle marche doucement, s'arrête à l'arrêt de bus pour consulter les horaires de passage, hausse les épaules en devinant qu'aucun bus ne passera avant 30 minutes. Tant pis pour son cardiologue qui la réprimandera jeudi prochain, mais si elle ne se presse pas, enfin la marche n'a jamais tué personne ! 

Elle pense à ses enfants, tous déjà installés et entourés d'êtres aimés. Quelles montagnes russes que la vie ! On trépigne tellement d'impatience avant d'atteindre l'apogée de l'attraction alors que le moment de bonheur passe si vite, et nous voilà déjà en bas, le coeur encore un peu chahuté par les loopings à répétition. 

 

 

En fait, en marchant comme ça il fait chaud. Je regrette un peu l'épaisseur de ma veste apportée par la laine tout en contemplant le point of view qu'offre l'altitude. Les grandes grues qui encadrent le quartier Pasteur, la pharmacie au coin de l'angle et là-bas, plus loin le pont du Paillon. Paillon-Bayon. Et mes pensées sont déviées vers la vision d'un autre petit pont de bois, entouré de nature et d'odeurs de sous-bois. J'entends même l'eau tranquille qui s'écoule sous sa protection. Et mon petit coeur me porte au-delà du chemin crée à travers l'herbe sauvage, plus loin encore que le gros tas de bois ramassé pour l'hiver, dépassant les balançoires qui semblent un peu s'ennuyer depuis quelques années, pour déboucher sur un patio encadré par un joli portail en fer forgé blanc. Et je les devine, tous, les miens, bien occupés aux différentes taches que requiert un dimanche après-midi.

 

Le soleil joue à cache-cache et après une bonne heure passée à bavarder avec le jardinier de la roseraie, elle décide de plier bagage, tirant à elle la grande couverture aux motifs écossais. Il est temps de rentrer. Ses joues ont pris quelques couleurs et elle se sent toute demoiselle, son grand chapeau de toile sur la tête. Le trajet est plus agréable qu'à l'aller ; la descente donne un petit coup de pouce à ce coeur rechignant à l'effort. Elle songe déjà aux mots croisés qu'elle va retrouver et se demande ce qu'il y a ce soir au programme télé.

 

Je suis bientôt arrivée quand mon regard rencontre l'ombre d'une élégante vieille dame, un chapeau fleuri sur la tête. Curieuse je commence à la détailler et surprend ses yeux pétillants faire de même avec moi. De beaux yeux élégamment relevés d'une sage pointe de mascara, que les petites rides autour magnifient d'un voile de tendresse. Et à travers cet échange de regards, j'en apprends d'un coup davantage sur moi. J'imagine sa petite vie bien rangée, ses petits enfants qui n'appellent que très rarement, ses journées rythmées par des activités choisies méticuleusement. Et la réalité de ma jeunesse me fauche sur son passage. En un éclair je ressens le plaisir de la danse, le lâcher prise qu'offre l'alcool, les fous-rires à répétition et l'insouciance, surtout, de mes vingt ans. 

J'arrive alors à me détacher de ses yeux et laisse nos ombres se frôler, un court moment, pour finalement se dissocier complètement. Alors oui, je dis adieu à ma vie trop bien rangée, à mes soirées paresse devant la télé, et décide d'ouvrir le champ des possibles le plus grand possible. Je suis avide de découvertes, de rencontres et de moments d'égarements. 

 

Je veux vivre, simplement. Et quitte à ce que ça vaille le coup, complètement à-la-folie-ement.

 

 

 

Article dédicacé à ma voisine de coeur et de rue, en souvenir d'une nuit mémorable, ainsi qu'à mes nouveaux acolytes Candice, Clémence, Jean Anaël et Julien.

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 17:09

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Ça fait quelque temps que je vois la mode des couleurs flashy voire fluo envahir petit à petit la population des 10-15 ans : Sweat à capuche jaune citron, doudounes d'hiver vert pomme, bonnets rose électrique, et j'en passe ... Et la tendance s'incruste même sur leurs shoes, imprégnant leurs lacets ou décorant leur semelle de touches de couleurs pop.

 

Et ces touches de gaieté me narguent. J'adore l'idée que l'adolescence sorte de l'ombre du noir-couleurs passe-partout en assumant complètement l'aspect bonne humeur de ces touches de couleurs dans ces tenues. Mes petites soeurs en parfaites collégiennes sont elles aussi touchées par cette tendance pétillante : j'ai ainsi pu remarquer lors de mes dernières visites l'apparition successive d'un jean rouge dans le dressing de Loulou ( grande fanatique de cette couleur passionnelle ) et d'une doudoune vert anis ainsi qu'un pantalon bleu électrique pour Alice. Sans compter les innombrables bracelets en silicone multicolores qu'elles portent quotidiennement à leurs poignets.

 

Pas plus tard que ce matin j'ai encore vu une jeune fille avec un beau sweet fushia et des baskets assorties alors que j'attendais le tram. Son jean brut et sage mettait encore plus en valeur ce look énergisant, apportant la touche de simplicité nécessaire. Et alors que mon moral peine à être reboosté en ces temps d'après-toujours partiels, cet appel de la couleur m'a fauché sur son passage.

 

Bon. J'avais déjà investi cet été dans un superbe tee-shirt converse jaune canari déniché dans les soldes américaines pour moins de 6$ ( j'aime ce pays ), et avais craqué pendant les soldes cette fois-ci niçoises pour une montre au bracelet vert pomme. Mais mes yeux lorgnaient sans vouloir y croire sur une paire de baskets de ville montante aux touches colorées flashy comme celles que portent les collégiens-lycéens de l'établissement à côté de chez moi. J'en ai essayées, quelques fois, en me traitant d'ado attardée quand je constatais que ce n'était pas du tout mon style une fois que je les avais au pied. Bref, un désir secret toujours frustré tiraillé entre l'envie d'arborer ces nouveaux bijoux de pied et la raison me murmurant que j'avais passé l'âge.

 

Passé l'âge ? Je vais avoir 22 ans et ma vie est loin d'être déjà toute tracée ! Alors ce matin quand j'ai vu cette ado alors que je sortais tout juste d'un cours de sport éreintant, j'ai décidé que merde, j'allais me les offrir ces baskets de gamine.

Et c'est avec ma dégaine en-attente-d'une-bonne-douche que je suis rentrée dans la boutique de chaussures à quelques arrêts de tram plus loin, mon sac de sport ballotant sur ma cuisse, me dirigeant d'une manière assurée vers la fin de soldes. Et mon coeur s'est arrêté à la vision d'une paire d'Adidas girly à souhait. Je les ai essayées et miracle ! elles étaient tout à fait mettables sous un jean tout en relevant grâce à 3 fines bandes jaune, rose et bleu sur le côté le détail de couleur que pourrait contenir ma tenue. Un brin montantes, j'ai été surprise par la tenue de pied qu'elles offraient et bien sûr j'ai craqué.

 

Depuis, je les regarde de mon bureau, posées sur une chaise en essayant de les apprivoiser. Mais l'ado en moi trépigne d'impatience de les essayer avec toute ma garde-robe ! 

 

N'oublions pas l'enfant qui est en nous, même s'il a envie de caprices les plus fous.

Je pense à vous ;)

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 00:22

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Fais attention à tes mots, ils deviennent des idées.

Prend soin de tes idées car elles deviennent des actes.

Méfie toi de tes actes, ils deviennent tes habitudes.

Ménage tes habitudes car elles deviennent ton caractère.

Et mesure ton caractère, il définit ta destinée.

 

 

 

Hier nous sommes allés passer notre dernière soirée en amoureux au cinéma, main dans la main et coca-pop corn dans l'autre. 

Et nous avons découvert la dame de fer, un film superbe en hommage à une grande femme, Elisabeth Tatcher.

 

Chéri a du y trouver son compte autant que moi, car je me suis accrochée plusieurs fois à son bras durant toute la durée du film, surprise à chaque fois par la violence de certains aléas politiques. 

 

Et j'ai même pleuré, pour vous dire, alors que la grande dame, aux prises de ce qui restera finalement son pire ennemi : la vieillesse, s'acharne à emballer toutes les affaires de son défunt mari dans d'énormes sacs poubelles noirs, dans une cavalcade de souvenirs de vie, filmés comme des instantanés, avec une musique folle de déraillement du temps. Cet adieu forcé, comme dernier recours face à la sénescence m'a littéralement pris aux tripes et j'ai laissé coulé plusieurs larmes silencieuses dans l'obscurité de la salle de cinéma.

 

Bref, je vous le recommande chaudement, d'abord parce que Meryl Streep est une actrice amazing et puis parce que c'est pas tous les jours qu'on dresse le portrait d'une femme qui a réussi en politique grâce à sa pugnacité et son sens moral à une époque où il était mal vu que le sexe faible fasse autre chose que tenir un foyer.

 

Sur ce, un excellent week-end à tous ! 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 20:40

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Comme promis, la fin des partiels a signé le début d'une nouvelle ère : plus verte, plus studieuse, plus amoureuse, bref plus zen. Je n'ai donc pas perdu de temps et me suis attaquée à un grand ménage de printemps, le fameux Oschterputz de mon enfance, comprenant intérieur et extérieur. J'ai donc passé l'aspirateur puis vidé le sac de l'aspirateur, descendu les poubelles, rangé les cours tout en pagaille, puis j'ai pris mon manteau et envoyé une invitation-texto à m'accompagner dans mes déambulations champêtres, de libération-sortie de partiels. Et je me suis régalée. Le temps est passé à toute vitesse et j'ai marché, marché en revenant à l'arrêt de bus avec des fleurs plein les bras. Dans l'attente du fameux bus je me suis faite une nouvelle copine, tchatche oblige, avant d'être attaquée par des clowns échappés du carnaval nous invitant à venir les voir au théâtre plus tard dans la soirée. Le jour déclinait et moi je reprenais vie, parlant et riant aussi. 

 

Mon amoureux m'a rejoint le lendemain et mon petit nuage a retrouvé ses nuances rose, entre deux boutiques à CAP 3000 ( que je ne connaissais pas ), une balade en voiture et derrière un gros caddie de chez Auchan.

 

Et puis dimanche mes aspirations à la verdure reprirent du poil de la bête : en effet, alors que je me rendais dans le vieux Nice pour un cours de soutien "pomeridiano" ( je cherchais un équivalent de matinal-matin pour qualifier l'après-midi et je suis tombée sur cette traduction italienne qui il faut l'avouer possède un certain charme ), je fus éblouie par la luminosité qui recouvrait avec un certain enchantement la moindre façade exposée au soleil ainsi que par le bal des odeurs mimosa-en-fleurs et air marin. La végétation environnante venait apporter le dernier zeste à ce tableau printanier.

 

De retour chez moi, je jetai donc un oeil attendri aux deux petits rosiers qui avaient constitué une partie de mon hold-up au fleuriste du coin, et le sourire aux lèvres, je décidai de passer mon gros sweat qui-craint-plus-rien afin de m'attaquer à la transformation de ma terrasse. J'eus donc le plaisir de farfouiller dans la terre de mon balcon, déracinant les mauvaises herbes avec une grosse fourchette de cuisine ( on s'adapte avec c'qu'on a ), m'étonnant de la vertu thérapeutique de cet incongru défoulement post-partiels. Et j'ai pris mon pied. J'ai grave adoré remuer la terre si sèche qui se recomposait au fur et à mesure sous mes doigts, la nourrir goulûment de terreau et réfléchir longuement au positionnement de mes deux pauvres (premiers ) rosiers, sous l'oeil hébété de mon chéri, resté par prudence à l'intérieur, loin de mes mains noires et trempées. J'ai même pensé à ma grand-mère et sa passion pour le jardin, que je trouvais jusque là un peu maniaque. Mais j'ai compris. En fait ça défoule de s'acharner sur des mauvaises herbes et de constater tout l'énorme tas de verdure ingrate que t'as dégommé, là, juste sous tes pieds. Avec le plaisir de ton chat qui croit que tu joues avec lui en lui lançant des gerbes et qui se tape des délires de forêt amazonienne à parcourir en sous-marin. Bref, ça a été un pur moment de bonheur.

 

Et ce matin, j'étais comme une petite fille à l'ouverture de mes rideaux métalliques, pour voir à quel point c'était déjà joli. Et rien que ça, j'vous l'dis, ça dégomme toutes les rides et la fatigue qui s'enracinent quand on reprend les cours juste après les partiels !

Alors vive le printemps et ses inspirations bucoliques !

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Published by pillapon - dans Inspirations
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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 13:01

Image-1-copie-7.pngJeudi dernier je me réveillais les yeux cernés, la joue gauche complètement fripée par un sommeil torturé et le pouls encore tout chahuté par des cauchemars répétés. Autant vous dire que c'était pas la grande frite. Même à grand renfort d'eau chaude je n'arrivais pas à retrouver mon sourire, perdu dans des manoeuvres d'auto-école ratées par le stress.

 

Je décidais tout de même de m'habiller de façon gaie, en enfilant enfin la petite robe de fin de soldes H&M qui avait failli m'échapper à Nice et que j'avais finalement trouvé ( dans la bonne taille svouplé ) en exemplaire unique au modique prix de 5 €, à Aix-en-Provence. J'enfilais tout d'abord mon fidèle leggins noir de l'hiver, raccord avec mon dernier achat lingerie de Noël, avant de passer l'achat longuement désiré. Et la multitude de couleurs et motifs de la robe éveilla mon teint blafard, fatigué par le passage de torrents de larmes. Je poussais un faible soupir de soulagement avant de passer par la case maquillage, absolument nécessaire aujourd'hui. Maman et Pierrot arrivèrent enfin et mes larmes resquattèrent mes joues. Oh quoi de meilleur que la chaleur des mots maternels, l'enlacement tendre de ces bras adorés, les petits bisous sur mon front et ses mains parcourant mes cheveux ?

 

Mon découragement extrême rencontra un mur de briques niveau force de vivre : " Mais attends, t'es pas malade, tu vas pas mourir, alors pourquoi te mets-tu dans un état pareil pour une toute petite réponse négative de rien du tout ? C'était pas le bon moment, t'as un con de stress qui t'handicape plus que largement, mais oh tu vas pas rester sur cet échec et laisser tomber tous tes plans de la journée ! "

 

Ah oui mes fameux plans. J'avais effectivement prévu de faire un tour à mon ancienne prépa pour revoir mes anciens profs et surtout motiver les futurs candidat(e)s ortho, avant de prendre le TER pour Marseille retrouver pour une loooongue soirée pyjama mon amie pharmacienne, ma fidèle Clem, pour papoter jusqu'au bout de la nuit à rattraper le temps perdu infligé par la distance de nos deux villes d'études. 

 

" Tu devrais quand même aller à la prépa, Camille, déjà parce qu'ils t'attendent et en puis parce que là-bas tu véhicules l'idée d'une vraie gagnante, ne l'oublie pas ... "

 

Mmmwoui. Une vraie gagnante, ça, ils vont pas en revenir en effet. Vus ma gueule fripée et mes yeux botoxés d'un sommeil plus qu'aléatoire, ils vont pas y croire une minute à mon baratin. "Elle, en école d'ortho ? Mais ils prennent vraiment n'importe qui ... "

N'ayant pas le choix je m'exécute mollement, mettant un peu d'ordre dans mes cheveux par ruse d'un lisseur détourné, ajoutant une nouvelle couche d'anti cerne sous mes yeux de panda. Et une demi heure plus tard, j'étais devant le portail BAC 2000 de la prépa, à côté d'adolescents pré pubères en train de crapoter tranquillou. Je décidais, courageuse, d'ôter mes lunettes de soleil camouflant plutôt bien le désastre de ma face, surtout pour qu'on puisse me reconnaître lorsque j'aurai passé la porte de l'établissement. 

 

Et ça pour me reconnaître, on m'a reconnue. A peine la porte ouverte refermée derrière mon passage, Ali quittait son poste d'accueil en m'ouvrant grands les bras et me serrant de toutes ses forces contre lui. Ok, ok, on se calme, y a sûrement erreur sur la personne là. " Une ancienne ! Regardez elles reviennent, olalala, qu'est-ce que ça fait du bien de te revoir, et tu nous donneras ta carte hein quand tu seras installée, parce que nous t'inquiète, si t'es dans la région on t'enverra plein de monde, fais-nous confiance ! Et tu veux voir Véro ? Attends, je vais t'accompagner, elles vont toutes être en transe tu vas voir que tu sois là ! " Et sur ce il m'entraîne avec lui vers les premières salles de cours "bocal" où TOUTE l'école peut voir ma tête de vainqueur alors que je dérange le déroulement du programme de l'après-midi. 

 

Mais le sourire de Véro, l'illumination de la beauté de son visage, me fit perdre instantanément tout mon cynisme. Elle m'accueillit, les bras ouverts, m'embrassant affectueusement et se dépêchant de me présenter comme si j'eus été BOREL MAISONNY en personne. J'en profitai pour retirer mon manteau et déposer mon sac sur son bureau avant de réaliser que j'étais devant une multitude de petits yeux qui me dévisageaient, de haut en bas. Gloups, j'avais occulté cet aspect-là, parler de MOI en public, devant de parfaits inconnus. Mais, encouragée par les yeux pleins de sollicitude et de fierté de Véro, je décidai de faire fi de tous mes aprioris, décidant que j'étais comme j'étais et que personne n'arriverait à me faire douter de moi, juste en me jugeant en un coup d'oeil. Je m'éclaircissai donc la voix et tranquillement, posai mon regard au-devant d'eux et leur parlai le plus naturellement de qui j'étais. Et le reste fût divin. Je blaguai, encourageai, racontai et répondis à toutes les questions de mes interlocuteurs, ainsi qu'aux nombreuses interventions de Véro et le temps s'arrêta. J'étais bien, mon estime de soi remontait en flèche et je m'admirai, surmontant ainsi une de mes plus vieilles peurs. A un moment, la cloche sonna. Et c'est alors que je pris conscience de la présence d'autres yeux qui me guettaient depuis la salle attenante. Véro me remercia alors plus que largement et les sourires qui se dégageaient de mon assemblée furent la plus belle des récompenses. Mais à peine pensai-je ressortir que Véro m'entraîna vers la seconde classe en me demandant si ça ne me dérangeait pas de leur parler à eux aussi parce que " ta joie de vivre et ton bonheur d'être en ortho leur redonne énormément de niaque pour les concours à venir, si tu les avais vus ce matin tout déconfits dans l'attente des résultats de Besançon et maintenant leur sourire ! Oh merci, Camille d'être venue, ça m'aura fait autant de bien qu'à eux ! ".

 

Je n'eus donc pas vraiment le choix et découvris, après ma deuxième performance de prise de parole devant groupe d'inconnus, qu'une troisième classe attendait mon passage, en leçon de grammaire avec Isa dans la salle au fond du couloir ... Les joues rouges et mon pull à la main, je toquais donc enfin à la porte vitrée de la dernière classe, dérangeant Isa en pleine correction d'exercice. Elle m'accueillit également avec un grand sourire et je recommençai les présentations, la langue habituée au déroulement du discours. Quand enfin mon one man show se termina, j'eus l'impression d'avoir couru un marathon tellement je m'étais investie dans cet exercice nouveau, qui ne devait durer qu'une heure tout au plus et m'en coûta trois. Et Véro m'attendait à la photocopieuse, intarissable de compliments à mon égard " Mais tu es rayonnante, olalala, qu'est-ce que ça fait du bien de te revoir, et ils m'ont tous dit que ta voix était merveilleuse et qu'ils voulaient tous aller à Nice maintenant, tu nous as vraiment régalé, merci mille fois. " De retour dans un univers plus intime, j'osai enfin lui demander comment elle se sentait après le parcours du combattant qu'elle avait affronté l'année dernière. Et je compris que son sourire était sa plus belle arme.

 

Je quittai donc enfin l'école le coeur léger, regonflé d'autant de sentiments contradictoires en une simple journée, mais surtout la fierté immense du dépassement de soi, de ce premier moment dans mon existence où j'ai VRAIMENT assumé d'être moi et que ça m'allait très bien d'être ce que j'étais et comme je l'étais et qu'après tout, je n'avais pas à changer d'apparence par peur du regard des autres. 

 

Plus tard dans la soirée, je racontais cet exploit à maman, qui doucement, m'offrit la plus belle phrase de la journée : " Parce que c'est toujours plus facile de parler de ce qu'on aime ... "

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