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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 13:52

Image-3-copie-6.pngHier, alors que je surveillais d'un oeil deux petits loulous occupés à jouer les acrobates avertis sur une aire de jeux pour enfants, j'ai serré mon sac contre moi et me suis rappelée la présence d'un petit carnet noir, souvenir d'Amsterdam.

 

Je l'ai trouvé là où je l'avais soigneusement rangé la dernière fois que je l'avais utilisé, un samedi soir, il y a peut-être deux semaines déjà. Et en relisant les deux citations Mamitesques rajoutés d'une écriture très maladroite quelques jours plus tard, j'ai souri en me rappelant notre passage éclair dans le Morvan. 

 

Je me suis souvenu avoir manqué de temps ou plutôt du bon moment pour m'installer confortablement dans un endroit isolé et retranscrire une soirée particulière, celle du folklore où Mamita nous a gentiment conviés à l'accompagner.

 

Elle avait pris sa douche en vitesse, pendant que je préparais notre encas dans la salle à manger. J'avais découpé le melon en tranches le plus équitable possible, bercée par le vrombissement du sèche-cheveux. Je l'imaginais, en me lavant les mains, en train d'enrouler précautionneusement chaque mèche de cheveux dans des bigoudis multicolores, les pensées déjà envolées vers le choix de sa tenue. 

 

Elle m'est apparue quelques instants plus tard, claironnant mon prénom de sa voix tonitruante dans l'escalier de pierre, comme une bourrasque de boucles rousses savamment déliées autour de son visage. Et le petit "caraco" bleu roi qu'elle avait enfilé sur un jean pattes d'eph bleu pâle donnait juste ce qu'il faut de fraîcheur à ses yeux malicieux. Je me souviens avoir pensé qu'elle était belle. Très belle.

 

J'en eus la confirmation lorsque nous fîmes notre entrée dans la salle municipale où se déroulait la soirée dansante. Les autres femmes, qu'elles soient de quelques années plus jeunes ou plus âgées qu'elle, ne rayonnaient pas de la même façon.

 

Pourtant cette harmonie me semble avoir du attendre presque toute une vie pour enfin s'imposer. La beauté de ma grand-mère me fait penser à un film étrange mais magique que j'ai eu l'occasion de découvrir il y a quelques années : l'étrange histoire de Benjamin Button. Le héros du film naissait vieux et au lieu de vieillir tout au long de sa vie, il rajeunissait petit à petit, jusqu'à s'éteindre une fois nourrisson. Je n'ai encore jamais vu de photos de ma grand-mère petite ou jeune femme mais les seuls clichés que j'ai eu l'occasion d'apercevoir me la dévoilent entre ses vingt-cinq et trente ans, ses cheveux bruns tirés en arrière en un chignon très strict, donnant à ses traits une dureté chassant en même temps que le charme l'insouciance de ces années volées. On aurait pu facilement lui donner alors cinquante ans.

 

Mais cette dernière ne laissa pas mes pensées continuer leur cheminement et m'entraîna aussitôt la première note jouée par un orchestre improvisé d'accordéons et de vielles au centre de la piste de danse. Les pas se révélèrent un vrai casse-tête pour la mauvaise reproductrice de chorégraphie que je suis.

 

Mais je ne pus me résoudre à ne pas profiter de l'entrain de toutes ces danses différentes et me jetai dans l'arène le plus souvent que je pus. Je tourbillonnais, laissant le rythme m'envelopper avant de compter les pas et me perfectionnais au bras de cavaliers fringuants tous plus ravis les uns que les autres de pouvoir m'apprendre quelques pas. Je redécouvrais ainsi le " pas de la trottinette " juste souvenir de l'activité enfantine et pris plaisir à tourner en patinant d'un pied autour de mon cavalier.  

 

Je crus même défaillir de bonheur quand les danseurs s'alignèrent face à face en alternant cavalier et cavalière, enchaînant des petits pas en avançant et reculant après avoir salué d'une révérence leur partenaire. C'était ça, la danse du grand bal du film si cher à mon coeur j'ai nommé le grand " Orgueil et Préjugés " !! 

 

Je réappris aussi à danser la valse, en bien plus accélérée, me rendant compte de la difficulté musculaire de la chose le lendemain lorsque mes cuisses se révélèrent à moi. J'échangeai même quelques mots sur mon métier, toujours avec ce sourire aux lèvres dont je n'arrive pas à me défaire lorsque je suis lancée sur le sujet et qui fait dire à mes interlocuteurs que j'ai " vraiment l'air de m'éclater ". 

 

Bref, ce fût vraiment une super soirée bien que la moyenne d'âge des participants ne devait pas descendre en dessous des soixante ans. La seule ombre au tableau s'éclaircit même d'elle-même une fois ma tête, tourbillonnant encore, déposée sur l'oreiller : mon amoureux bien qu'ayant passé toute la soirée sur la même chaise à me regarder m'avoua vouloir prendre des cours de danse à deux pour m'accompagner dans ce plaisir qui me fait tourbillonner.

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Published by pillapon - dans Récits
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commentaires

pillapon 20/09/2012 19:31

Coooooool :)

Laëtitia 20/09/2012 19:29

Oh, alors si tu es libre j'irai te faire un petit coucou(ou grandes retrouvailles, faut voir ;) ) dimanche ou lundi !

pillapon 20/09/2012 19:09

Ouep ! Et je pense repartir lundi soir ou mardi matin pour revenir samedi soir ou dimanche prochain :)

Laëtitia 20/09/2012 19:05

Oooh :$ :D
Alors je monte sur Nice dimanche en fin d'après-midi, pour repartir lundi ou mardi.
Et ensuite je reviens vraiment le week-end juste avant la rentrée :)

Tu y es déjà toi ?

pillapon 20/09/2012 18:57

Et moi j'adore lire tes "j'adore" ! Tu me manques la belle, bientôt de retour sur Nice ? :)

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