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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 20:50

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Je me souviens ...

Je me souviens de la vue de notre appartement.

Je me souviens du calme que me prodiguait la seule vision de la mer, en perpétuel mouvement.

Je me souviens du fauteuil d'extérieur qu'on avait installé sur la terrasse, avec son petit coussin appui-tête couleur soleil. 

Je me souviens d'y avoir passé de longues heures à lire avec la caresse du soleil sur ma peau.

Je me souviens des coups d'oeil que je te jetais, discrètement, alors que tu tournais les grandes pages de cet hebdomadaire avec qui tu avais pris du retard, affalé de tout ton long sur le canapé, préférant la tiède douceur de l'appart à mon engagement pour le soleil.

Je me souviens du cri des mouettes à l'heure de pointe, des lourds paniers de pique-nique que des étrangers traînaient vers la plage, des voiliers au loin et de ta voix me parvenant de la cuisine " une salade avec une pièce de viande, partante ? ".

Je me souviens avoir fermé les yeux et ...

 

Ne plus rien rien resentir d'autre que tes mains, sur mes hanches. De ton sourire caché quand, alors que tu m'embrassais comme pour la première fois, tu murmurais " tu es toute belle ... ". De la pression de ton corps, contre le mien. Du trajet sur l'autoroute où tu me débitais, très sérieux, tous tes nouveaux contacts-contrats et tes déboires d'étudiant coincé entre deux chaises. Je t'écoutais tout en étant ailleurs. Quelque part entre la démarcation de tes cheveux et celle de ton oreille. Ou encore escaladant ce profil tant de fois contemplé, dessiné, adoré. Et alors que n'arrivant plus à la contenir plus longtemps, une de mes mains se faufilait jusqu'à ton cou, effleurant du bout des doigts en zigzaguant à la racine de tes cheveux, je me posais cette éternelle question :

" Qu'a-t-il de si particulier, pour être devenu ma came en moins de 3 ans ? ".

 

Et alors en souriant, tu te tournais vers moi, appuyant le dernier élément que tu venais d'émettre, ta main gauche solidement agrippée au volant tandis que la droite reprenait ses droits sur ma cuisse. Mais alors peut-être saisissais-tu mon égarement, car tu t'arrêtais un instant, avant de poser la question polie :

" Et ta famille sinon ça va ? "

 

Alors, troublée dans le cheminement silencieux de mes pensées, j'étais obligée de construire une réponse un minimum organisée, présentant un à un les membres de mon clan et leurs dernières - conneries/émotions/exploits/mésaventures - nouvelles. Mais tu te mettais encore une fois, par maladresse, à tout gâcher, me rappelant ma grande sensibilité envers ceux qui me sont chers et que je ne vois plus grandir comme avant. Et dans ma tête c'était l'apocalypse, mes yeux commençaient à s'humidifier, ma gorge se resserrait, et mon coeur paniquait. Riche de mes nouveaux apprentissages, je me tournais alors vers ma fenêtre et tirait la langue aux camionneurs invisibles, de toutes mes forces. Et je remerciais alors Osta, quand vaincues, mes larmes battaient en retraite, et que fièrement j'évacuais à coups de pieds au cul les trémolos dans ma voix pour te répondre calmement que tu avais sûrement raison.

 

Plus tard dans la soirée, nous fîmes voler les apparences et, en peau à peau tout contre toi, je me sentais heureuse entourée de tes bras. Mon sommeil fut tranquille, tendrement lové dans un de tes pulls. Le lever du jour m'interpela plusieurs fois avant que je daigne oser sortir du lit sans risquer de te réveiller. Mais tu semblais trop occupé à ratrapper toutes ces heures de sommeil qui t'avaient manqué.

 

Et tandis que j'enfilais un gilet trouvé dans la penderie de l'entrée pour ouvrir les rideaux métalliques du séjour, je songeais à ce nouveau départ que nos coeurs avaient décidé de s'accorder. 

Alors que les lignes épaisses du rideau métallique s'élevaient, me dévoilant chaque fois une parcelle de blanc puis de bleu, je me souviens m'être faite une promesse à moi-même.

 

Celle de ne jamais, jamais oublier la quiétude de ce week-end même si le temps, mêlé à la distance et aux changements, décidait un jour de nous séparer.

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Published by pillapon - dans Love
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commentaires

Laëtitia 31/03/2012 14:27

Encore une fois, j'adore :)

Surtout la petite référence à notre chère prof de voix ^^

Marianne 30/03/2012 08:24

Sur la pointe des pieds, j'ose venir te remercier pour ces belles paroles pour commencer la journée...
Je repars discrètement, et vous laisse tous les deux.
Merci !

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