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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 00:00

Capture-d-ecran-2013-01-13-a-19.05.23.pngAujourd'hui je vous parle bouquins, pour vous faire part de mes dernières belles découvertes en la matière. En effet, deux très jolis ouvrages ont retenu mon attention et ébranlé mon imaginaire pendant les fêtes, il s'agit de "Lydie", BD de Zidrou et Lafebre, parue chez Dargaud, et de "les déferlantes", roman de Claudie Gallay. On s'y lance ?

 

 

-----> "Lydie" ... C'est mon père qui, alors que je prenais de façon studieuse quelques notes d'un ouvrage pour mon mémoire, m'a tendu cette BD avec un beau sourire malicieux aux lèvres. "Tiens, je pense que tu vas l'aimer". Il n'en a pas fallu plus pour éveiller ma curiosité. Une belle première de couverture, un trait plaisant et ce titre reprenant le prénom de la mère d'une de mes amies, prénom que je trouve très doux et d'une beauté simple. 

 

Résumé :

"Sur le muret au fond de l'impasse du Baron Van Dick, il y a longtemps eu une vieille publicité pour des savons. Depuis qu'un garnement a affublé le bébé de la publicité d'une copieuse paire de moustaches en graffiti, cette ruelle a été rebaptisée par ses habitants "l'impasse du bébé à moustaches". C'est ici qu'en 1932, habite la simplette Camille et son père Augustin, machiniste de locomotive. Ce matin-là, Camille vit sans doute la pire journée de sa vie : elle accouche d'un bébé mort-né, qu'elle comptait appeler Lydie. Le malheur semble s'acharner sur cette famille : Camille est déjà orpheline de naissance ... Inconsolable, la jeune femme s'en remet à la statuette de la vierge, nichée en façade d'une des maisons de l'impasse. Quelques jours plus tard, elle est subitement radieuse et annonce en fanfare que son bébé est ... revenu ! Merci les anges du ciel ! Perplexes, les riverains comprennent rapidement que Camille a perdu la boule. Elle cajole un bébé invisible, persuadée qu'il est bel et bien dans ses bras. Les premiers temps, chacun tente à sa manière de lui faire entendre raison. Mais devant l'infini bonheur de retour sur son visage, ils réalisent que la vérité est trop cruelle. Avec tendresse et compassion, ils entrent dès lors tous dans son jeu ... "

 

Effectivement, j'ai adoré cette très belle histoire. Le sujet est osé mais traité avec tellement de douceur, d'intelligence et d'humanité qu'il en devient superbe et émouvant. Truffé de jolies phrases et de portraits de personnage très attachants, on se laisserait bien bercer indéfiniment dans ce récit entre terre et ... ciel ! 

 

" - Docteur ... Est-ce qu'on va devoir ... Vous savez, est-ce qu'on va devoir ...

- l'interner ? Non ... On n'interne pas les gens parce qu'ils sont heureux ! "

 

Merci papa pour cette superbe découverte, j'ai passé un très bon moment à dévorer cette jolie morale sur la vie. Et j'ai par dessus tout aimé en discuter après avec toi, et de reconnaître dans tes mots le sourire que j'avais sur les lèvres. Merci ! 

 

 

-----> " Les déferlantes " de Claudie Gallay. Tout autre genre, tout autre style. Beau pavé offert par les voisins parisiens de mes parents à ma mère, que celle-ci, pas convaincue du tout par cette lecture, m'a gentiment prêté. 

 

Capture d’écran 2013-01-15 à 00.38.24Résumé :

" La première fois qu'elle a vu Lambert, c'était le jour de la grande tempête. Elle était installée depuis six mois tout au bout des terres, sur la pointe de La Hague, dans un paysage aussi sublime que tumultueux. Elle travaillait pour un centre ornithologique, elle observait et comptait les oiseaux sur les falaises.

Autour d'elle, la vieille Nan qu'on disait folle, la belle Morgane et son frère Raphaël, le sculpteur, Lili qui tenait le café, son père Théo, l'ancien gardien de phare, et surtout Lambert avec son silence et ses souvenirs. Celle qu'on appellait la Horsain, "l'étrangère", ne savait pas qu'elle allait entrer dans leur histoire ; elle ne se doutait pas que les secrets relient les gens plus encore que les lieux. Mais elle était attirée par Lambert, cet homme qui lui rappelait celui que la mort lui avait pris.

Tout a commencé avec la tempête d'équinoxe ... "

 

Critique : " Ce roman ardent porté par la violence des grandes marées, à l'écriture dépouillée et sensible, a été distingué par le grand prix des lectrices du magazine ELLE ".

 

Bon. Ma mère l'a trouvé chiant, moi je l'ai adoré. J'ai adoré l'écriture de Claudie Gallay, ses mots simples pour dire les plus belles choses et les sentiments profonds qui apparaissent en filigrane le long des pages. J'ai aimé certaines expressions que j'ai trouvées si justes que j'ai voulu les apprendre par coeur. Je les ai bien sûr oubliées depuis. Mais voici un joli passage pour vous montrer ce style atypique et que je trouve beau :

 

" La petite Cigogne s'est glissée entre les tables, elle est venue se coller à moi. C'était un petit être étrange, une sauvageonne avec une empreinte de doigt au-dessus de la lèvre. Un bec-de-lièvre mal opéré. Elle vivait dans une ferme juste en dessous. Elle parlait peu. Je m'étais attachée à elle.

- Tu ne devrais pas être couchée, toi ?

Elle a fouillé dans ses poches, en a sorti une poignée de petites pièces jaunes qu'elle m'a montrées et elle est allée poser ses pièces sur le comptoir, devant Lili. Lili lui a dit quelques mots et la Cigogne a fait oui avec la tête.

On racontait que la marque sur sa bouche, c'était le doigt d'un goublin qui s'était posé sur elle alors qu'elle n'avait que quelques jours. Les goublins sont des petits êtres étranges que l'on appelle aussi des drôles ou des lutins. On disait que celui qui avait marqué la Cigogne était sorti une nuit du rocher du Câtet et qu'il avait profité de l'absence de sa mère pour marquer la petite dans son berceau. Les enfants ainsi marqués sont laids, mais ils sont protégés des fées. "

 

L'autre talent que je concède à Gallay est la prouesse de réunir autant de personnages dans une même histoire et de leur donner vie sous des portraits saisissants et attachants. S'imbriquant régulièrement dans l'histoire, on prend plaisir à les découvrir au fur et à mesure de leurs rencontres avec la narratrice. Je vous le conseille vivement.

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Published by pillapon - dans Parlons bouquins
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commentaires

pillapon 16/01/2013 15:00

Ca ne m'étonne pas ma Marianne :)

Marianne 16/01/2013 14:57

Et moi aussi j'ai aimé le style, le choix des mots et les belles tournures, à la fois simples et fortes ! Bref, j'ai été conquise !

Marianne 16/01/2013 14:56

J'ai lu et beaucoup aimé Les Déferlantes, entre autres pour les descriptions de la région que j'ai eu l'occasion de visiter. L'ambiance est particulière, prenante, et c'était vraiment un bon moment
de lecture !

pillapon 15/01/2013 17:46

Ca ne m'étonne pas Fabienne ! :) Je trouve même que c'était une lecture relaxante, on a vraiment l'impression de ressentir l'apaisement que la vision de la mer procure à la narratrice, non ?
Merci d'avoir commenté :)

Fabienne 15/01/2013 09:10

J'ai lu Les Déferlantes et j'ai adoré tout simplement :)

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