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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 19:00

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Riant en sortant d'un dîner Macdonaldisé, ma main dans celle de mon amoureux, mes yeux passent soudain de ceux de mon frère au toit de l'immeuble d'en face. Une épaisse fumée noire envahit le ciel parisien. Des sirènes de pompier ne tardent pas à se faire entendre tandis que, curieux avec un brin d'effroi, nous nous dirigeons vers l'incendie, à deux rues de là.

 

A la vision des premières flammes rouge-orangé ma peau se hérisse. Elles semblent lécher le bâtiment, parcourent la balustrade pour mieux atteindre l'appartement d'à côté. Les gens se massent. Il faut dire que le spectacle est surprenant. C'est le cinquième étage d'un gros immeuble qui est touché. Le camion à grande échelle est déjà là mais cette dernière peine à s'élever si haut. En même temps on surprend des mouvements de lumière furtifs au sixième étage : des pompiers courageux sont déjà en train d'explorer les appartements, la frontale au milieu de leur gros casque.

 

Les flammes grandissent. La grande échelle est enfin en place et un pompier tente d'accéder au balcon du sixième étage. Tout le monde suit sa progression le long des barreaux de l'échelle. La fumée nous le cache juste l'instant où il dépasse l'incendie. Je frissonne. Et me blotti dans les bras de mon aimé. Un homme prend une photo tandis qu'une porsche mal avisée est forcée d'effectuer une marche-arrière en express au vu de la rue barrée. Sur le trottoir d'en face les policiers prennent les dépositions du voisinage. Une buse à incendie est ouverte, arrosant largement les quelques scooters garés à proximité.

 

Au milieu de l'appartement bientôt totalement consumé, trois pompiers apparaissent, arrosant abondamment le balcon enflammé. D'épaisses volutes noires s'échappent de cette rencontre entre le feu et l'eau. L'incendie est bientôt maîtrisé. Les bras de mon prince m'attirent vers l'arrière, indiquant ainsi que c'est le moment de rentrer. Ma bouche ne tari pas de questions. Et les assurances ? Et les autres appartements ? Et les risques que ça arrive pour des raisons de vétusté ? Et les pauvres gens qui n'ont plus de toit ? Choquée. Mes questions trouvent ses réponses, douces comme ses caresses sur mon front.

 

Je me rends compte de la responsabilité incroyable qu'on a lorsque l'on vit en appartement : le moindre fer à lisser oublié ou le radiateur trop près d'un rideau, bref toutes ses bêtises du quotidien dont on se rend compte, généralement, au bon moment. Je n'avais encore jamais songé que ma sécurité dépendait également de celle de tous ces autres locataires, là, à côté, au-dessus, en dessous, en face, tout autour de moi. Et vice versa. 

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Published by pillapon - dans Récits
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