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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 13:01

Image-1-copie-7.pngJeudi dernier je me réveillais les yeux cernés, la joue gauche complètement fripée par un sommeil torturé et le pouls encore tout chahuté par des cauchemars répétés. Autant vous dire que c'était pas la grande frite. Même à grand renfort d'eau chaude je n'arrivais pas à retrouver mon sourire, perdu dans des manoeuvres d'auto-école ratées par le stress.

 

Je décidais tout de même de m'habiller de façon gaie, en enfilant enfin la petite robe de fin de soldes H&M qui avait failli m'échapper à Nice et que j'avais finalement trouvé ( dans la bonne taille svouplé ) en exemplaire unique au modique prix de 5 €, à Aix-en-Provence. J'enfilais tout d'abord mon fidèle leggins noir de l'hiver, raccord avec mon dernier achat lingerie de Noël, avant de passer l'achat longuement désiré. Et la multitude de couleurs et motifs de la robe éveilla mon teint blafard, fatigué par le passage de torrents de larmes. Je poussais un faible soupir de soulagement avant de passer par la case maquillage, absolument nécessaire aujourd'hui. Maman et Pierrot arrivèrent enfin et mes larmes resquattèrent mes joues. Oh quoi de meilleur que la chaleur des mots maternels, l'enlacement tendre de ces bras adorés, les petits bisous sur mon front et ses mains parcourant mes cheveux ?

 

Mon découragement extrême rencontra un mur de briques niveau force de vivre : " Mais attends, t'es pas malade, tu vas pas mourir, alors pourquoi te mets-tu dans un état pareil pour une toute petite réponse négative de rien du tout ? C'était pas le bon moment, t'as un con de stress qui t'handicape plus que largement, mais oh tu vas pas rester sur cet échec et laisser tomber tous tes plans de la journée ! "

 

Ah oui mes fameux plans. J'avais effectivement prévu de faire un tour à mon ancienne prépa pour revoir mes anciens profs et surtout motiver les futurs candidat(e)s ortho, avant de prendre le TER pour Marseille retrouver pour une loooongue soirée pyjama mon amie pharmacienne, ma fidèle Clem, pour papoter jusqu'au bout de la nuit à rattraper le temps perdu infligé par la distance de nos deux villes d'études. 

 

" Tu devrais quand même aller à la prépa, Camille, déjà parce qu'ils t'attendent et en puis parce que là-bas tu véhicules l'idée d'une vraie gagnante, ne l'oublie pas ... "

 

Mmmwoui. Une vraie gagnante, ça, ils vont pas en revenir en effet. Vus ma gueule fripée et mes yeux botoxés d'un sommeil plus qu'aléatoire, ils vont pas y croire une minute à mon baratin. "Elle, en école d'ortho ? Mais ils prennent vraiment n'importe qui ... "

N'ayant pas le choix je m'exécute mollement, mettant un peu d'ordre dans mes cheveux par ruse d'un lisseur détourné, ajoutant une nouvelle couche d'anti cerne sous mes yeux de panda. Et une demi heure plus tard, j'étais devant le portail BAC 2000 de la prépa, à côté d'adolescents pré pubères en train de crapoter tranquillou. Je décidais, courageuse, d'ôter mes lunettes de soleil camouflant plutôt bien le désastre de ma face, surtout pour qu'on puisse me reconnaître lorsque j'aurai passé la porte de l'établissement. 

 

Et ça pour me reconnaître, on m'a reconnue. A peine la porte ouverte refermée derrière mon passage, Ali quittait son poste d'accueil en m'ouvrant grands les bras et me serrant de toutes ses forces contre lui. Ok, ok, on se calme, y a sûrement erreur sur la personne là. " Une ancienne ! Regardez elles reviennent, olalala, qu'est-ce que ça fait du bien de te revoir, et tu nous donneras ta carte hein quand tu seras installée, parce que nous t'inquiète, si t'es dans la région on t'enverra plein de monde, fais-nous confiance ! Et tu veux voir Véro ? Attends, je vais t'accompagner, elles vont toutes être en transe tu vas voir que tu sois là ! " Et sur ce il m'entraîne avec lui vers les premières salles de cours "bocal" où TOUTE l'école peut voir ma tête de vainqueur alors que je dérange le déroulement du programme de l'après-midi. 

 

Mais le sourire de Véro, l'illumination de la beauté de son visage, me fit perdre instantanément tout mon cynisme. Elle m'accueillit, les bras ouverts, m'embrassant affectueusement et se dépêchant de me présenter comme si j'eus été BOREL MAISONNY en personne. J'en profitai pour retirer mon manteau et déposer mon sac sur son bureau avant de réaliser que j'étais devant une multitude de petits yeux qui me dévisageaient, de haut en bas. Gloups, j'avais occulté cet aspect-là, parler de MOI en public, devant de parfaits inconnus. Mais, encouragée par les yeux pleins de sollicitude et de fierté de Véro, je décidai de faire fi de tous mes aprioris, décidant que j'étais comme j'étais et que personne n'arriverait à me faire douter de moi, juste en me jugeant en un coup d'oeil. Je m'éclaircissai donc la voix et tranquillement, posai mon regard au-devant d'eux et leur parlai le plus naturellement de qui j'étais. Et le reste fût divin. Je blaguai, encourageai, racontai et répondis à toutes les questions de mes interlocuteurs, ainsi qu'aux nombreuses interventions de Véro et le temps s'arrêta. J'étais bien, mon estime de soi remontait en flèche et je m'admirai, surmontant ainsi une de mes plus vieilles peurs. A un moment, la cloche sonna. Et c'est alors que je pris conscience de la présence d'autres yeux qui me guettaient depuis la salle attenante. Véro me remercia alors plus que largement et les sourires qui se dégageaient de mon assemblée furent la plus belle des récompenses. Mais à peine pensai-je ressortir que Véro m'entraîna vers la seconde classe en me demandant si ça ne me dérangeait pas de leur parler à eux aussi parce que " ta joie de vivre et ton bonheur d'être en ortho leur redonne énormément de niaque pour les concours à venir, si tu les avais vus ce matin tout déconfits dans l'attente des résultats de Besançon et maintenant leur sourire ! Oh merci, Camille d'être venue, ça m'aura fait autant de bien qu'à eux ! ".

 

Je n'eus donc pas vraiment le choix et découvris, après ma deuxième performance de prise de parole devant groupe d'inconnus, qu'une troisième classe attendait mon passage, en leçon de grammaire avec Isa dans la salle au fond du couloir ... Les joues rouges et mon pull à la main, je toquais donc enfin à la porte vitrée de la dernière classe, dérangeant Isa en pleine correction d'exercice. Elle m'accueillit également avec un grand sourire et je recommençai les présentations, la langue habituée au déroulement du discours. Quand enfin mon one man show se termina, j'eus l'impression d'avoir couru un marathon tellement je m'étais investie dans cet exercice nouveau, qui ne devait durer qu'une heure tout au plus et m'en coûta trois. Et Véro m'attendait à la photocopieuse, intarissable de compliments à mon égard " Mais tu es rayonnante, olalala, qu'est-ce que ça fait du bien de te revoir, et ils m'ont tous dit que ta voix était merveilleuse et qu'ils voulaient tous aller à Nice maintenant, tu nous as vraiment régalé, merci mille fois. " De retour dans un univers plus intime, j'osai enfin lui demander comment elle se sentait après le parcours du combattant qu'elle avait affronté l'année dernière. Et je compris que son sourire était sa plus belle arme.

 

Je quittai donc enfin l'école le coeur léger, regonflé d'autant de sentiments contradictoires en une simple journée, mais surtout la fierté immense du dépassement de soi, de ce premier moment dans mon existence où j'ai VRAIMENT assumé d'être moi et que ça m'allait très bien d'être ce que j'étais et comme je l'étais et qu'après tout, je n'avais pas à changer d'apparence par peur du regard des autres. 

 

Plus tard dans la soirée, je racontais cet exploit à maman, qui doucement, m'offrit la plus belle phrase de la journée : " Parce que c'est toujours plus facile de parler de ce qu'on aime ... "

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Published by pillapon - dans Récits
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commentaires

Sun 23/02/2012 15:18

j'aurais tant voulu y être, j'ai bien pensé à toi de mon lit... j'aurais dû venir, moi aussi, j'étais pas très fraîche, on aurait été deux... j'espère que l'occasion se représentera...! en tout
cas, d'avoir affronté seule ces trois classes pendant 3h, tu m'impressionnes, je sais pas si j'en serai capable ! ça c'est sûr, ne change pas pour les autres, tu es parfaite :)

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