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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 20:26

photo 1027Je suis dans un état second, une torpeur délicieuse dont seuls les bons romans et les séances ciné ont le secret. La réalité des heures qui passent a fini par me rattraper. J'ai du refuser à mes yeux le plaisir de s'élancer vers la page suivante quand la petite horloge fruitée de la cuisine a frôlé les 20 heures. Pas par contrainte sociale, non, je suis seule dans la grande maison familiale avec mon ventre pour seul repère biologique. Mais plutôt par sagesse, celle qui naît des petites frustrations qui nous permet parfois de mieux apprécier l'instant présent. Et ce livre que je dévore depuis la fin d'après-midi est en train de se consumer à une vitesse folle entre mes doigts agités. J'aime tout dans ce roman. Son titre incongru d'abord, qui témoigne de la levée de pudeur de l'auteur sur nos relations les plus ambiguës. " Nos séparations ". J'avais déjà eu vent de son succès mais il a fallu cette page publicitaire au milieu de l'enquête sur les 30 maillots de l'été du magazine Elle que je feuilletais pour me décider à l'acheter. J'ai aimé cette citation de Bernard Pivot dans le Journal du Dimanche et je pense que c'est elle qui m'a finalement convaincue :

 

" Pourquoi ce roman a-t-il autant de charme ?

Pourquoi le quitte-t-on avec regret ?

Quelle est la nature de la grâce qui a touché David Foenkinos quand il a écrit Nos séparations ?

Mystère. Faire une autopsie du livre serait idiot.

D'abord, parce qu'il est bien vivant et qu'il continuera à s'agiter dans notre mémoire.

Ensuite, parce que le charme vient justement de l'agencement parfait de l'écriture et de l'histoire, de l'harmonie du ton et du récit.

Ça caresse, ça pique, ça fait rire et ça émeut.

On est dans la plus jolie tradition française : s'amuser de ce qui serre le coeur. "

 

Je me souviens de la première impression que j'ai eue tout à l'heure en lisant les premières lignes de ce roman. Je trouvais les mots simples, bien choisis, et étais étonnée de toutes les émotions qu'ils véhiculaient pourtant. Peu à peu je suis tombée dans la magie de l'écrivain et je m'en extirpe avec beaucoup de difficulté alors qu'il me reste encore un dernier tiers à découvrir.

 

Autour de moi, dehors, le vent n'a pas faibli. La lourde chaleur de l'après-midi a juste doucement disparu, m'obligeant à troquer mon maillot de bain contre un pantacourt et un débardeur. Je m'étonne que ma coiffure d'hier ait à ce point tenu : mon chignon natté reste lové sagement dans mon cou, seules quelques mèches encadrant mon visage s'en sont libérées. Les notes d'un saxophone retentissent au loin, et la mélodie semble s'accorder parfaitement avec mon état de bien être actuel. Le vent souffle sur mon visage alors que j'écris, tandis que mes idées sont encore embrumées par la lecture qu'elles viennent de quitter.

 

Cette nuit je n'ai pas dormi. Je me suis contentée de me gratter jusqu'au sang suite aux attaques dirigées d'un moustique niçois des plus pervers. Du coup vers les quatre heures du matin j'ai décidé de faire ma valise et de prendre le premier bus. J'ai ré-enfilé ma petite robe mordorée après une bonne douche froide calmant pour un moment les diverses démangeaisons et j'ai salué mon appartement alors que les premières lueurs du jour posaient sur lui une ambiance tamisée.

 

J'ai parcouru le trajet jusqu'au tram avec un calme libérateur, jouissant d'une bise fraîche caressant mes mollets. Une fois dans le bus j'ai regardé Nice s'éveiller au rythme des coureurs sur la prom' et des éboueurs de plages. J'ai retrouvé une fragile connaissance qui après m'avoir saluée s'est vite roulée en boule afin de pouvoir terminer sa nuit sous mon regard ensommeillé.

 

Et j'ai trouvé sa position de dormeuse très belle, comme la lumière qui s'échappait du parc du Château et qu'un couple de touristes tentaient d'immortaliser, de l'autre côté de la vitre. C'était comme si le charme opérait enfin : à ce lever du jour j'ai aussitôt associé le début des vacances. De celles où on passe beaucoup de temps à lire, à vivre et découvrir et un peu de temps seulement à travailler, car il le faut bien, contrairement au reste de l'année.

 

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Published by pillapon - dans Parlons bouquins
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commentaires

Camille 18/08/2012 22:44

J'ai adore au même titre que son autre roman La délicatesse, quoique quand même un " gros Clap Clap" ( qui veut dire applaudissement dans mon language ;) ) pour Nos séparations...
Camille, on est faite pour s'entendre, je n'arrive pas à te trouver sur FB, tu as trop d'homonymes mais viens donc me chercher ;)

Sun 25/07/2012 19:46

Il y a quelques semaines de cela, ton article m'avait donné envie d'acheter ce livre que j'avais déjà repéré, mais je n'aime pas vraiment acheter un bouquin sans savoir si quelqu'un l'a apprécié et
ainsi espérer de passer de bonnes heures de lecture. Je viens de le terminer et je l'ai beaucoup apprécié, belle plume et belle histoire, je regrette de l'avoir déjà fini... Merci pour le conseil
de lecture et passe de bonnes vacances ;-)

pillapon 02/07/2012 01:10

Hihi :) Pour tout te dire je suis allée à la librairie vendredi pour me procurer " deux petits pas sur le sable mouillé " que tu m'as conseillé lors de mon dernier article littéraire. Mais
malheureusement ils étaient en rupture de stock sur Nice, j'attends donc de voir ce que cela donne sur Aix ;) Au plaisir de confronter nos avis sur la fin de ce roman, je te souhaite de très belles
vacances Magali !

Magali 01/07/2012 22:08

Nous avons vraiment les mêmes goûts littéraires ! J'ai craqué pour ce petit roman facile à mettre dans mes bagages pour les vacances et l'ai commencé au soleil, mais je n'ai pas encore eu le temps
de le terminer... Les débutes sont très prometteurs, je pense que je le finirai demain! Bonne lecture cet été !

Marianne 30/06/2012 23:56

Ce sera donc ma première lecture dans la peau d'une orthophoniste vacancière ! Merci Camille !

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