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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 21:47

Image-2-copie-6.png Alors que je termine ma journée par l'escalade de la Sainte Victoire, Falbala sur mes talons, je ne peux m'empêcher de me remémorer différents moments de la journée.

 

Le coucher de soleil est passé alors que je finissais une sieste de fin d'après-midi bien méritée. Mais la fraîcheur qui tombe sur la peau passé vingt heures est un petit plaisir de plus pour le joggeur du soir. Les cigales s'arrêtent et le massif se pare de bruits d'une nature plus familière. Sur le sentier qui monte, malgré mes jambes qui tirent sous l'effort, je me sens bien. Ma tête se vide sous le rythme de quelques chansons endiablées, mes cuisses s'échauffent quand le chemin grimpe bien et mes yeux se perdent dans le mouvement du vent soulevant les feuillages qui m'entourent. 

 

Ce matin quand le réveil a sonné je n'ai même pas hésité à le remettre pour encore cinq petites minutes de rab. Mais ma tête de pokemon dans la petite glace du pool-house m'annonçait très clairement la couleur : le sommeil c'est sacré. Quelques minutes plus tard, deux-trois tartines avalées et un soupçon de crème BB sur mes paupières en manque de dodo, j'enfilais ma petite veste grise comptoir des cotonniers ( nouvellement chinée au degriff stock du coin pour une bouchée de pain ) en frissonnant sous l'aube sombre de ce début de journée. 

 

Une fois arrivée au centre je serrais contre l'épaule mon Nola et sa contenance idéale pour trimballer tout un barda de fille ( oui j'ai enfin craqué pour ce sac emblématique de la marque montante Les composantes mais je vous en reparlerai très vite ), me remémorant son contenu dont quelques éléments surprises.

 

Hier après-midi nous avions enfin décidé de braver Carrefour pour débarrasser maman une bonne fois pour toutes de la corvée des courses de rentrée. J'attendais,rêvassant à demi sur le guidon de mon caddie, quand je vis une mère de famille demander à sa progéniture si elle s'était chargée de prendre de nouveaux feutres. Et là mon cerveau subit soudain une petite impulsion électrique venue tout droit de mon coeur : des feutres, mais oui bien sûr. Courageusement je me frayai un chemin entre les nombreux caddies et enfants lâchés en liberté dans le pays ou rayon de la rentrée en folie pour repérer l'endroit où se rassemblaient les feutres de couleur. Je me décidai pour le premier prix et fière de moi j'emportais une petite pochette de 10 feutres à colorier.

 

Cet après-midi, après le repas de midi, K. déprimait comme hier, errant dans les couloirs du bâtiment A. Elle ne m'avait adressé qu'un petit sourire timide au déjeuner, me cherchant du regard dans le réfectoire, attablée à quelques mètres de là. Hier elle m'avait confié, la mort dans l'âme, avoir oublié ses feutres chez ses parents lors de sa sortie du week-end. Elle ne pouvait donc plus colorier les petits carreaux de ses feuilles doubles A4 après que je lui ai repassé la marge et les contours du quadrillage au feutre noir, définissant le cadre de ses oeuvres multicolores, patchworks de vie quotidiens.

 

Je la surpris entre deux toilettes et lui annonçait, malicieuse, que j'avais un petit quelque chose pour elle. Tenant d'une main ma paire de gants en latex et de l'autre la fameuse pochette de feutres, je lui demandais de choisir entre mes deux mains, dissimulées de manière enfantine derrière mon dos. Comme je l'espérais elle se trompa la première fois et rigola à la vue des gants avant de vite m'attraper l'autre main.

 

Et là, je compris que je ne m'étais même pas imaginé une minute ce que mon attention représentait pour elle.

 

Ses yeux s'ouvrirent en même temps que son sourire, s'étendant généreusement d'une joue à l'autre. Elle secoua ses mains de chaque côté du fauteuil roulant en laissant éclater sa joie. Entre deux hoquets de plaisir et des "oh oui","oh oui" à la limite du nirvana, elle articula une phrase innocente : " Mais c'est vraiment pour moi ? Je peux les emmener dans ma chambre ? ". Elle n'entendit même pas ma réponse noyée sous ses merci chevrotant, l'émotion au bord des yeux. Ses cris de joie inquiétèrent même mes super collègues qui sortirent du bureau un peu précipitamment avant de céder au sourire communiquant des personnes présentes dans le couloir. 

 

Moi, j'étais tout bonnement interloquée. Surprise par tant d'émotions provoquées par la vision d'un simple paquet de feutres de couleurs. Et submergée par mes propres émotions face à ce plaisir que j'avais déclenché en ayant simplement une petite pensée pour elle durant mon temps libre. 

 

Elle a colorié tout l'après-midi, un sourire béat sur les lèvres. Et moi j'ai profité de chaque instant de cette journée, magnifiée par cet événement à la banalité transformée.

 

Comme quoi, le bonheur ça peut parfois juste se résumer à un paquet de feutres.

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Published by pillapon - dans Récits
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commentaires

Clémence 09/09/2012 20:16

C'est vrai qu'on ne se rend pas compte parfois qu'une simple pensée peut faire autant de bien... T'es douée pour ça toi

pillapon 07/09/2012 23:23

Merci pour ton commentaire Laëti ! Ca me fait plaisir que tu penses à moi dans des moments comme ceux-là :) Et je trouve que tu les racontes également très bien ! des bisous, je pense à toi

Laëtitia 07/09/2012 11:37

Et puis c'était pas romantise, mais romance. Tu comprends mieux mtn peut-être :)

Laëtitia 07/09/2012 11:32

Lors de mon retour de Nice, dans le train, j'ai pensé à tes et tes rencontres inattendues, mais surtout très enrichissantes ...
Donc me voilà à discuter et débattre de la vie avec un belge (de 39 ans, mais qui en fait à peine 30 : il faut devenir végétariennes comme lui !) qui a vécu une grande partie de sa vie en Afrique
du sud,au Rwanda, et sur les yatch en tant que cuisinier ou garçon à tout faire, et qui va maintenant devenir Chaaman, c'est à dire soigner avec les plantes, surement en collaboration avec une amie
belge qui elle soigne avec les dauphins, le tout peut-être de nouveau en Afrique du sud ! Ce même homme m'a d'ailleurs donné des bons plans pour boulot d'été sur yatch de riches :) ). Puis à
Antibes une nana cuisinières itinérantes dans les resto qui voyage pas mal elle aussi, et qui fait beaucoup de festivals (là aussi des bons plans).
Grandes discussions endiablées à 3, pour qu'enfin, lorsqu'on parle des Corses, un monsieur de la quarantaine à côté de nous se mêle à la conversation, et m'apprenne alors beaucoup de choses sur les
pratiques pas catholiques du tout de ces corses conservateurs.

Pour une fois, j'ai trouvé que le voyage était trop court.
J'ai trouvé ces rencontres furtives très enrichissantes, et j'ai même pensé à toi qui retires un max de tous ces petits évènements de vie.

Alors oui, je ne le narre et romantise pas comme toi, mais je voulais juste te le dire à toi, car c'était carrément génial :)

laëtitia 29/08/2012 11:38

J'en ai tout simplement les larmes aux yeux :,)l

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