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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 00:25

Capture d’écran 2013-01-19 à 00.19.11Jeudi midi dans le bus, alors que je revenais d'une matinée shopping, passablement énervée par le comportement hautain et inadmissible de vendeuses aux Galeries Lafayette, j'ai lu un gros titre du journal Le Monde que tenait mon voisin d'épaule. "Amendes pour les femmes seules et les jeunes couples dehors la nuit en Inde". Intriguée et au courant du sordide viol collectif d'une étudiante à New Dehli le 16 décembre passé, j'ai poursuivi ma lecture tout en sentant rapidement la moutarde me monter au nez.

 

" Une brigade anti-harcèlement de la police indienne mise en place dans un district près de Bombay verbalise en priorité les femmes seules et les jeunes couples qu'ils surprennent dans les rues à la nuit tombée, une initiative prise après le viol collectif et la mort d'une étudiante. Depuis cette violente agression le 16 décembre à New Dehli, 10 à 15 policiers en civil patrouillent dans les rues du district de Thane, qui touche Bombay. Mais au lieu de rechercher d'éventuels agresseurs sexuels, ils distribuent des amendes aux couples non mariés encore dehors à une heure tardive.

" Les couples non mariés et les femmes seules, que l'on repère dans des lieux isolés ou dans des recoins de parcs et de jardins tard le soir ont été priés de ne pas fréquenter de ce genre d'endroits" a commenté un policier, Ramakant Mahire.

" Lorsque nous les attrapons, nous leur disons de ne pas fréquenter  ces lieux et de ne pas causer de nuisances dans les lieux publics" a-t-il ajouté, interrogé par l'AFP, précisant que la police faisait en sorte que les rues soient désormais désertes après le coucher du soleil.

Ce policier a indiqué que cette initiative visait à répondre aux inquiétudes croissantes dans le quartier en matière de crimes et au viol collectif d'une étudiante de 23 ans dans un autobus à Delhi, décédée des suites de cette agression qui a profondément choqué le pays.

Les couples se comportant de manière inappropriée écopent d'une amende de 1200 roupies (16 euros) et peuvent éventuellement voir la police appeler leurs parents, a-t-il ajouté. 

Selon le quotidien The Times of India mercredi, 95 personnes ont été visées par une main courante de la police pour "trouble à l'ordre public" depuis le début des patrouilles. M.Mahire n'a pas confirmé ce chiffre.

"De toute évidence, si une fille est seule dans un lieu sombre le soir, les garçons pourraient essayer de l'approcher. C'est pour leur sécurité.", a plaidé le policier."

 

Leur sécurité. Mais la sécurité de qui ? De ces pauvres filles qui sont lamentablement punies par la différenciation gonadique les transformant d'un coup de baguette magique et par disparition des précieux canaux de Wolf, en individus appartenant désormais au sexe faible ? Ou pour la sécurité de ces messieurs qui, ne pouvant contrôler leurs foutues pulsions sexuelles, se verraient accusés de fâcheux accidents de viol, alors que ces filles-là se prommenaient, que dis-je, se pavanaient sous leur nez ?

 

Je suis choquée. Et très en colère. Non seulement par cette affreuse réalité mais par la trahison de la loi elle-même envers la-dite sécurité de ces femmes. Oui, car en laissant son système exécutif verbaliser les femmes seules et les couples non mariés se prommenant dans les rues à la nuit tombée, et seulement ces deux catégories de citoyens, la loi Indienne proclame clairement que le viol une fois la nuit tombée n'est pas imputable aux obsédés et déliquants sexuels (eux étant autorisés à circuler librement dans l'obscurité) mais aux femmes célibataires ou non mariées qui "osent" sortir une fois le soleil couché.

 

Je ressens cette crainte de la nuit noire, couleur du mal, du diable, révélatrice de la noirceur de l'âme comme une régression vers un système archaïque où toutes les parures d'une société qui se veut évoluée le jour tombent avec la nuit pour voir revivre dans l'imaginaire fantasmagorique de ses citoyens le temps des loups-garous. 

 

De plus le coût prohibitif de cette amende scandaleuse ne fait que renforcer l'incohérence de cette initiative prise par la police indienne : 1200 roupies soit plus d'1/3 du revenu moyen d'un indien (3173 roupies soit 48€/mois). Certaines préféreraient peut-être être violées plutôt que d'avoir à payer cette amende et être réduite à faire commerce de leur corps pour finir le mois.

 

Alors oui, je considère non seulement cette décision de contravention stupide car faire doublement peur aux femmes avec cette amende présentée comme l'antichambre du viol ne les protège pas d'une agression. Bien au contraire. Elle me paraît même conforter les violeurs dans leur droit à violer toute femme croisée dans les rues à la nuit tombée.

 

Honte à ces esprits limités et primitifs qui considèrent toujours la femme comme un animal de compagnie et simple objet sexuel, ne gagnant un faible respect qu'à travers le mariage. 

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Published by pillapon - dans Sujet de discussion
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commentaires

jean 26/02/2014 08:38

Le principe d'une amende est d'être coûteuse.

pillapon 19/01/2013 11:37

Je sais, c'est juste scandaleux ... :/

Laëtitia 19/01/2013 11:00

PUTAIN CA M'ENERVE TELLEMENT QUE J'EN RESTE SANS MOTS ... :(

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