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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 18:46

Image-14.pngC'est par un dimanche après-midi grisâtre, en tenue d'étudiante-qui-ne-sortira-pas-de-chez-elle-aujourd'hui, que je décidais, au beau milieu de révisions auditives de faire une pause. Je me préparais un repas de mi-après-midi ( un réveil tardif ayant repoussé l'heure du déjeuner ) devant la télévision en sourdine lorsque l'émission 66 minutes diffusée sur M6 ( qui m'insupporte la plupart du temps ) présenta son sujet : " la véritable descente aux enfers de DSK ".

 

Cette semaine ayant été particulièrement féconde niveau actualités pour les guignols de l'info, j'ai bien évidemment suivi malgré moi, comme tout le monde, ce scandale américain. J'ai lu et entendu des avis différents durant ces 7 jours et je n'arrivais pas vraiment à me faire une idée. Jusqu'à cette émission de 66 minutes. En effet cette dernière reprenait les faits comme ils avaient été détaillés à la justice américaine par l'accusation, puis présentait la première audience de DSK et donc le discours des deux parties. Avec toujours ce petit côté voyeurisme qui m'insupporte dans cette émission, on nous montrait un " aperçu " de la suite de DSK avec une petite reconstitution ainsi que des interviews du voisinage de la victime. 

 

La deuxième partie de l'émission qui proposait un "profilage" de la personnalité de l'homme politique a retenu toute mon attention. Reprenant les propos et témoignages d'individus ayant côtoyé DSK dans le cadre de ses relations professionnelles ( journalistes, ancienne collègue et maîtresse, et partisan fidèle de DSK ) le constat était affligeant :

DSK était décrit comme un DON JUAN, lourd dans ses insinuations auprès des femmes, très insistant voire harceleur dans son schéma de séduction, ainsi que violent lorsque quelque chose venait contrarier ses plans.

 

Je préfère le préciser tout de suite, je ne suis pas une adepte de politique. J'ai, jusqu'à mes 20 ans, tenu à distance tous les discours d'amis ou parents qui abordaient ce thème qui selon moi pourrait être considéré comme " second opium du peuple " pour reprendre Karl Marx. Aux langues de vipères qui m'accusaient de ne pas avoir d'opinion je répondais que je préférai me faire une idée bien précise de la chose avant d'oser en parler. C'est donc pour cela que vous n'avez encore jamais croisé de publication politique sur ce blog comme sur l'ancien. Mais à l'heure où mes rêves de refaire le monde se retrouvent tous - ou presque - fauchés par cette mafia internationale qui contrôle et magouille tout et partout, je me sens à la fois victime et complice, en tant que citoyenne, du scandale de ces affaires géopolitiques qui secouent depuis toujours le monde : guerres, conflits d'intérêts, magouillage, argent sale, vices, sévices et barbarie.

 

Ainsi ce qui anime aujourd'hui le besoin d'écrire cet article concernant le scandale DSK ne concerne pas ses opinions politiques mais le profond dégoût que son comportement - comme celui de beaucoup d'autres personnes masculines ET féminines - m'inspire et la remise en question de tout le principe de féminité et ce qu'il implique pour moi.

 

Tout d'abord j'ai envie de vomir l'expression de "don juan" ( je criais d'ailleurs seule devant ma télé " mais non ce n'est pas le bon mot, voyons, le masculin de salope c'est SALAUD !!!!!!!!!!!!!!!!! " ). Car il y en a marre de cette différence injuste entre l'homme et la femme du statut " d'individu collectionneur de partenaires sexuels ". Mais ce n'est encore qu'une petite astérisque féministe de mon coup de gueule de ce dimanche soir.

Comment se fait-il que nous laissions des individus se comporter comme de dangereux prédateurs et que, témoins des " agressions " verbales de DSK envers plusieurs de ses collaboratrices féminines, personne ne fasse rien ?

Mais laissons-là cet individu qui, selon moi, perd son statut d'individu respectable capable d'apporter quelque chose à une communauté quelle qu'elle soit ( j'entends par là FMI ou peuple français ) et se rapproche plus de l'animal qui les quatre pattes à la fois se roule dans une fange de boueux billets verts. Car c'est son comportement, mais surtout la stupidité de notre environnement social qui me donne envie de renier ma part de féminité. 

 

J'aime les chaussures. Les belles robes qui me mettent en valeur, les tenues qui me font me sentir belle et indépendante. Mais je ne prends pas le risque de m'habiller en robe et talons à une soirée lorsque je sais que je vais rentrer seule. Car l'agression sexuelle est une ombre qui semble toujours planer sur mon quotidien de jeune femme en fleurs. C'est pour ça que j'admire les femmes qui osent, lorsqu'elles se promènent seules, porter ce que bon leur semble sans crainte de se voir persécutées pour ça. J'aime les chaussures, donc, les belles robes et les sac-à-mains. Mais finalement ce que j'aime à travers ces objets c'est le fait de PLAIRE ou de CONVENIR à une étiquette sociale. Le nouveau combat du féminisme aujourd'hui serait-il de s'habiller de manière informe et de cacher tous nos attributs féminins pour garantir une sécurité sexuelle ? Chose que les féministes du début du siècle se sont battues pour éradiquer ? En vérité, même si les esprits le jour ont changé, les violences de la nuit ou du caché n'ont pas du tout évolué.

 

Mais j'aime les chaussures à talon et les robes légères sur ma silhouette. J'aime le regard amoureux et pleins de désir de mon homme. J'aime les compliments, quand ils ne sont pas irrespectueux. J'aime lire dans les yeux d'un homme qui regarde une belle femme de l'attirance mêlé à un certain respect. J'aime le contact des tissus légers sur ma peau en été et pouvoir ainsi troquer mon jean passe partout contre une petite robe aérienne dévoilant mes gambettes. Mais je n'aime pas toutes les pensées qui assaillent mon esprit quand il faudra que je sorte dehors ainsi : " pourrais-je avoir plus d'ennuis qu'en gardant mon jean ? ".

 

Alors ce qu'il faut changer ce n'est pas notre façon de nous habiller. Mais notre façon de se remettre éternellement en question. Il faudrait que toutes nous n'ayons pas peur de nous habiller comme bon nous semble sans craindre des attouchements, des coups d'oeil disgracieux ou des paroles grivoises et déplacées. Il faudrait faire bloc pour faire tomber cette idée de sexe faible qui, sous les compliments d'un homme insistant, se sent dépassé et en danger. Nous martyrisons nos cheveux, nous contrôlons notre poids et notre forme, nous faisons de brillantes études et nous impliquons dans nos métiers autant que dans nos relations familiales et amicales, nous portons, nous accouchons et accompagnons la vie, mais ce n'est pas parce que nous sommes combatives et que nous encaissons la douleur que nous devons fléchir devant la crainte de l'agression sexuelle. Nous sommes fortes, sportives et volontaires, alors ensemble, envoyons un COUP DE POING à cette étiquette de sexe faible et promettons-nous que la prochaine fois qu'un DSK ne nous respectera pas, que ce soit dans la rue ou au bureau, nous lui tiendrons tête et n'hésiterons pas à lui foutre un bon coup de pied en plein dans les emblèmes de sa virilité !

 

 

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Published by pillapon - dans Sujet de discussion
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commentaires

mamarc 22/05/2011 21:35


Le fait ici n'est pas d'annoter la culpabilité d'un des plus puissants hommes politique au monde. Ses compétences et son implication pour sortir la sphère publique financière mondiale ont été de
véritables atouts pour de nombreux pays.
Il faut également convenir que son statut d'homme public permet, selon la loi française, à tous les médias (Dont internet fait parti) de pouvoir diffuser de l'information d'ordre privé le
concernant.

Après cette parenthèse, il convient tout de même de souligner que l'objet de cet article est bien de dénoncer le paradoxe d'un accroissement positif de la condition féminine, et non pas de diffuser
de l'information superfétatoire sur le possible délit de DSK… En restant objectif, tout ce qu'elle souligne sur cette condition est tout à fait probant.


pillapon 22/05/2011 21:13


Ce que je décris est une réalité qui dépasse bien, et je le regrette, l'affaire qui concerne aujourd'hui DSK. Son innocence ou pas sur l'affaire américaine ne m'intéresse pas, tout comme son
procès. Ce qui m'insupporte c'est justement la légerté de moeurs avec laquelle ce sujet d'harcèlement sexuel est traité, même par M6 qui utilise le terme de " don juan " ( et qui n'a pas cherché à
influencer ses auditeurs , cf : le doute sur toute l'affaire et les interviews de proches qui soutiennent DSK) . Ce que je dénonce dépasse toutes ses conneries et supercheries politiques mises en
scène pour nous occuper et je suis déçue que tu ( blou ) n'aies pas compris dans quel sens partait réellement mon coup de gueule, comme quoi il y a vraiment du boulot à faire dans ce sens- là.


blou 22/05/2011 20:47


Il y a quelque chose qui s'appelle la présomption d'innocence, même si, dans le cas où les faits seraient avérés, ce serait extrémement grave. Les témoins de M6 ne sont pas choisis au hasard.
Entendons nous bien, verser dans l'excès inverse n'est pas mieux.


Marine 22/05/2011 20:37


Comme je me retrouve dans ce que tu dis!!!!! Tant au sujet des délinquants sexuels (parce que c'est le mot!) qu'à propos de la position de la femme dans la société.
Toute la semaine j'ai entendu aux E.U ce n'est pas comme dans les pays latins, ils ne rigolent pas avec ça... Non mais je n'en croyais pas mes oreilles!!! Dans quelle société non dictatoriale
accepte-t-on la violence sexuelle??? Enfin j'étais la seule à pousser un coup de gueule mais finalement non, c'est rassurant!


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