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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 23:37

 

Image-9-copie-2.png Les larmes ont coulé. Les yeux rouges, des mèches de cheveux collées sur le front, je respire difficilement. Recroquevillée sur moi-même, je trouve finalement un peu de bien être en position foetus. Le sang bat violemment contre mes tempes. Mon nez coule et mon eye liner se fait la malle. Mes mains viennent chiffonner ce visage dévasté. Hoquet. La douleur part du bas-ventre et remonte, enserre mon petit coeur et trouve son apothéose au niveau des méninges. Je me bouche les oreilles. Ne plus m'écouter penser. Juste un instant, essayer de s'oublier. Mais la fausse tranquillité attendue est vite interrompue. Des mains maternelles poussent la porte de la chambre et viennent caresser mon front. Le " chuuuutttttt, voiilààààà " de mon enfance réapparaît. Ma gorge se resserre, des sanglots s'y étranglent. Ses doigts jouent avec ma frange et descendent, tout doucement, l'arrête de mon nez. " Ne t'inquiète pas, tu vas y arriver ". Je m'engouffre tout entière dans son étreinte. Un ronronnement me rappelle que nous ne sommes pas seules dans cette chambre. Maguy effleure du bout de ses moustaches mon bras, cherchant à capter mon regard de ses grands yeux de félin.

 

Déstabilisation. Erreurs. Cafouillage. Incompréhension. Stress. Colère. klaxon. Permis repoussé.

 

La tête entre ses bras, je sèche mes dernières larmes. " Rhooo si j'avais su que j'aurai des filles aussi stressées, je vous aurai direct collées au décontractyl à la naissance ". Rires. Mes yeux, bridés par les pleurs, brûlent en se ré-ouvrant. Trop de déception encombre encore ma petite tête mais je relâche, peu à peu, la pression. Ses mains sentent bon la crème à la menthe fraîche qu'elle vient de s'appliquer. Des gouttes d'eau chatouillent mon cou. Ses cheveux mouillés me signalent qu'elle sort juste de la douche. J'inspire longuement. Et expire en tremblant. La douleur est passée, seuls des séquelles me secouent encore. Frissons. " Ne t'inquiète pas ma puce, ça ne vaut pas le coup de se mettre autant de pression ". Soupir. Un bisou sur mon front et une caresse dans le cou. Elle se détache peu à peu et me laisse doucement me calmer. Mais l'orage est passé. Un sourire en appelant un autre, mes lèvres s'étirent, rayon de soleil au milieu des nuages. Et je puise la force de me relever. Pour avancer. Toujours en regardant vers l'avant.

 

Que serait-on sans nos mamans ?

 

 

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Published by pillapon - dans Récits
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pillapon 21/04/2011 23:59


Merci Marion pour ce commentaire qui remonte le moral. J'espère que tu passes de bonnes vacances, de gros bisous et à très vite ! :)


Marion 21/04/2011 10:36


Pas grand chose en effet...
Elles ont cette capacité inouïe pour nous rassurer et nous permettre de continuer à avancer malgré tout.
Cette force qui leur permet de porter le monde sur leurs épaules et de panser les plaies de leurs enfants.
Les mamans sont formidables, et la mienne m'est indispensable.

Très bel article Camille, je ne sais pas trop ce qu'il s'est exactement passé pour ton permis mais courage. Tout va bien finir par se décanter, alors je te dis "merde" et pense bien fort à toi
!
Bisous ! :)


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