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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 22:44

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J'ai gardé des séquelles. Une gorge enflée et une fatigue démesurée au réveil. J'ai traîné toute la journée ce mal de tête d'incubation qui fait de la racine des cheveux des éperons redoutables. Mais j'ai tenu bon (ou presque). En me disant que ce qui causait mon calvaire n'était qu'un faible prix à payer pour le doux moment que j'ai passé ...

 

Dimanche soir. Je propose un SPA familial, récompense d'une journée interminable. Mais seuls les parents répondent à l'invitation. Je troque mon jean et tee-shirt pour un maillot élimé 2 pièces et m'enroule dans un grand peignoir. La soirée est fraîche. Je rejoins sur la pointe des pieds la terrasse en bois traité et me glisse dans l'eau chaude après m'être effeuillée. Ils sont déjà là et discutent niveau d'eau, température et petits tracas. Chacun son siège massant, un débit d'eau tout doux pour moi, la tête bien calée sur un appui-tête, l'ambiance détente se construit. La nuit pose peu-à-peu son ombre sur la végétation qui nous entoure et le nez est flatté par le parfum des rosiers. On se regarde, on sourie. Puis les mots se rencontrent et le sujet vient à naître. Mes parents, ensemble, puis un à un se confient. Sur les études, les galères, les relations amoureuses, les rencontres, leur rencontre. Compliquée, hésitante, passionnée, infidèle. 

 

Vol long courrier. D'Amsterdam, Vienne, Londres ou Milan, qu'importe. Mais pour Paris. Les yeux fatigués et le chignon ébouriffé, son coeur balance. Ses mots résonnent encore dans sa tête. Le souvenir de la main effleurant sa joue, les promesses, toute cette passion électrique des premiers instants volés. La suite quatre étoiles qu'elle vient de quitter restera l'écrin de cette dernière nuit de doute. Car elle en rejoint un autre. Sa main délicate caresse l'arrête de son nez tandis que l'avion se pose sur le tarmac. Descendue, au milieu des voyageurs, elle guette sa présence. Ses cheveux bruns en pagaille attirent son regard. D'un sourire malicieux elle se laisse entraîner à sa suite. Le taxi les dépose devant l'hôtel. Elle ne peut réprimer un mouvement de sourcil, le décalage est brutal. De vieux rideaux de velours lourd, des tables de bar poussiéreuses. Mais elle devine un test. Et choisit de ne pas prendre le parti des apparences. Dans un tendre premier baiser se dessine alors une incroyable destinée ...

 

Maman quitte le SPA pour appeler mon frère et nous nous retrouvons seuls, papa et moi. L'obscurité me cache son visage mais je me concentre d'avantage sur ses mots. Et qu'ils sont doux, qu'ils sont magiques, ces mots-rétrospectives du passé, et du début de mon histoire aussi. En effet très vite les choses s'accélèrent, fiançailles, mariage et puis moi, tout ça en à peine 18 mois. Des questions enflamment ma tête et brûlent ma langue dans l'espoir d'être posées. Et, ô plaisir, il y répond. A toutes et avec une sincérité déconcertante. En moi-même, je prends le temps de bien fixer ce moment dans ma mémoire : la douceur du vent sur mes épaules, les volutes de chaleur émanant de l'eau qui font friser mes cheveux, la lune qui joue à cache-cache avec la Sainte Victoire. Et sa présence. Ce lien qui nous relie, faisant fi de toute réalité temporelle, cet amour d'un père pour une fille, ces confessions d'un homme accompli pour une jeune femme débutant dans la vie. Je pleure, je ris, avec lui. Merci.

 

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Published by pillapon - dans Récits
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Marianne 19/05/2011 08:47


Que c'est fort !


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