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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 08:00

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Ces derniers temps je n’arrête pas de me blesser.


Surtout aux mains. 


Tout a commencé il y a deux semaines avec ce grille-pain au petit déjeuner dans un gîte où nous avions passé le week-end. J’y avais mis deux morceaux de pain en ayant déjà dans la bouche la sensation croustillante de la tartine chaude beurrée et confiturée à loisir. Mais alors que j’y mettais enfin les doigts pour récupérer mon précieux butin, l’un d’entre eux effleura malencontreusement la résistance encore brûlante. Se fût comme un électro-choc et alors que je ramenais les deux bouts de pain vers la table je regardais la peau de mon doigt se dissocier, révélant une fine couche blanche de cellules calcinées. Que je me dépêchais d’ôter, pensant, sottement, que l’histoire en resterait là. Mais en plus de la douleur chaude et excitée, que connaît au moins une fois dans sa vie toute personne un peu gourde, se mêlait un picotement tenace issu de la peau révelée à vif brutalement. Je cachais pendant plusieurs jours sous un pansement cette vilaine cicatrice qui ne semblait vouloir - ou pouvoir allez savoir- se remplir que d’un pus blanc des plus odieux.

 

Et alors que cette preuve de ma grande habilité manuelle commençait tout juste à disparaître, je renouvelais l’expérience de la brûlure en attrapant par réflexe la tasse de thé que je venais de mettre à réchauffer au micro-ondes. Sauf que je réussis cette fois-ci un coup double, l’habitude me faisant saisir la «poignée» des tasses de la pince index-majeur. J’eus donc droit, malgré un exercice marrant de positionnement de glaçon à cet endroit, à deux magnifiques cloques au dôme blanc sur les versants latéraux respectivement droit et gauche de ces deux doigts. 


Mais comme le dit si justement le proverbe ( maudit soit-il ) « jamais deux sans trois », je n’attendis pas même 24h pour renouveler l’exploit en m’accrochant le majeur gauche dans l’exercice périlleux d’ouverture d’une barquette en plastique rigide et en me pinçant l’une des deux cloques encore intacte ( fait rare après 24h d’existence ) ( comme quoi l’expérience peut parfois porter ses fruits ) dans la commande manuelle d’ouverture de volets électriques. 


ET POURTANT, je ne déteste pas mon corps. Je ne lui en veux pas non plus particulièrement. Spécialement mes mains qui sont des outils trop précieux au quotidien pour pouvoir consciemment les entailler sans arrière pensée ( essayez d’écrire avec une main dont la pince index-majeur, oui celle que vous utilisez pour tenir votre stylo, vous brûle d’un remords amère à chaque contact du plastique recouvrant le dit stylo-bille ).


Ou alors est-ce une manifestation inconsciente de mon corps dénonçant un ras-le-bol d’une manipulation intense de matériel électrique ? ( là je crois que c’est mon stage en psychiatrie qui me monte quelque peu à la tête ) Ah d’ailleurs, je vais devoir imposer une minute de silence à mes doigts, non pas pour feu - c’est le cas de le dire hinhin - leurs cellules épithéliales mais en raison de l’heure. Il est 20h04 et je ne peux décemment pas écrire - ou même bouger, manger, péter, respirer ? - alors que 4 chiffres pairs apparaissent sur mon écran. Et puis, je n’osais pas vous en parler mais, depuis quelque temps des drôles de voix ont pris place dans ma tête et me conseillent de prendre plus de temps pour moi, à regarder la TV plutôt que de succomber à la douce tentation de travailler mes cours de la journée. Et ce temps me déprime tellement que je pense que seul le fait de mettre ce qui reste de mes doigts dans une prise électrique va me permettre de repartir au quart de tour, ohéyéyé le soleil est pas là mais j’m’en fous mon cerveau est illuminé. 

Plus sérieusement. Je ne suis pas atteinte de TOC, de schizophrénie ( j’adore écrire cette pathologie ) ou de dépression profonde. Peut-être seulement d’une personnalité éponge qui s’imprègne de tout ce qui gravite autour d’elle. Et croyez-moi cette pathologie existe, sous un vrai nom que j’ai oublié of course, je l’ai rencontrée avec délectation lors de mon dernier stage en pédopsychiatrie ( Mamamia mais appelez un exorciste cette gamine est folle à lier !!!! ). D’ailleurs, puisqu’on en parle, quelqu’un peut m’expliquer la véritable vertu - prouvée et pas bidon - de la sismothérapie ? Pour les incultes ( comme moi au départ alors pas de moqueries hautaines svouplé ) je ne résiste pas au plaisir de vous copier-coller la fameuse définition de Wiki(pédia) :

 

La sismothérapie ou électroconvulsivothérapie (ECT) est une méthode de traitement par l'électricité utilisée en psychiatrie, consistant à délivrer un courant électrique de forte intensité sur le scalp, ce qui engendre une crise convulsive généralisée. L'application du courant est précédée d'une anesthésie générale de courte durée, environ 5 minutes. Ce traitement était anciennement plus connu sous le nom d'électrochoc ou d'électronarcose.

Ses indications sont les états dépressifs sévères, pour l'essentiel (les troubles de l'humeur en général, certaines formes de schizophrénie accompagnée de manifestations thymiques). L'anesthésie générale est couplée à une curarisation, ce qui évite les complications qui, entre autres, ont contribué à la mauvaise réputation de la sismothérapie : fractures vertébrales, luxations. Des séries de plusieurs chocs (une dizaine le plus souvent, mais parfois plus selon les individus) sont en général nécessaires pour obtenir un résultat.

 Même si la technique a beaucoup évolué, ce traitement reste encore très discuté et nombre de psychiatres refusent de l'effectuer.

 

Je kiffe la notion de «scalp». Ne serait-ce pas, d’ailleurs, un indice nous permettant de dévoiler le caractère subjectif de cette définition ? Et donc de comprendre que cette pratique, qui personnellement me choque, reste très très discutable dans son caractère barbare primaire ? Le débat demeure ouvert.

Bref. 


Je me suis un peu écartée du sujet. ( Maillan sors de ce corps ! )


Tout ça pour dire que mes mains ressemblent à celles d’un grand chef étoilé. Et encore, je suis presque sûre qu’il ne cuisine plus assez pour ça. Non plutôt celles du marmiton-larbin d’un grand chef étoilé.

 

Mouai, ça résume assez bien toute cette histoire d’actes manqués et de psychiatrie à haute dose que je m’enfile depuis un certain temps. 

 

Bref, j'ai les mains abîmées.

 

 

Edit : En photo, les plus belles mains que je connaisse, celles de ma grand-mère ...

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Published by pillapon - dans Récits
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commentaires

pillapon 29/11/2011 23:17

( C'est quand tu veux marraine :) merci de ta pérsévérance dans la publication de commentaires ça me touche beaucoup ... des bisous )

Jankolique 12/11/2011 21:40


J'espère que l'écrire va mettre fin aux meurtrissures! Il faut en prendre soin de tes petites menottes, c'est précieux ces trucs-là!
(Tu m'apprendras à faire des textes du genre pour des p'tites conneries du style ? Hein ? Dis, dis dis ?)


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