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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 22:50

Image-2-copie-5.pngMardi soir 20h. La minuterie du four vient de s'arrêter d'égrainer les secondes. La quiche est donc réchauffée. Mais à quelques mètres seulement je suis bien trop occupée à rédiger mon exposé sur la voix. Je sais pourtant qu'il va falloir que je me prépare, délaissant mon pantalon de jogging fétiche troué pour une tenue plus politiquement correcte. Mais les mots me viennent dans un déluge incessant. Je suis sur ma lancée et les minutes passent, plus rapides les unes que les autres. 

 

Et c'est alors que mon portable s'allume, m'annonçant l'arrivée d'un nouveau message. Une invitation toute chou pour une pièce de théâtre.

 

" - Est-ce ce soir ? "

" - Oui :) "

 

Comment refuser ? Un bref sentiment de culpabilité m'envahit mais la joie de pouvoir goûter d'un spectacle inédit l'expédie bien vite. Le rendez-vous est pris, à 21h pétantes, au coin de ma rue. Je saute vite dans un jean, enfile ma paire de converse, et jette un coup d'oeil dans la glace avant de m'emmitoufler dans ma doudoune, mon écharpe grise en guise de passe-montagne.

 

Je suis déjà dehors. Mes mains sont surprises par le vent glacé et se réfugient dans les poches. J'ai une dégaine de bonhomme de neige mais je suis bien. Les derniers bus circulent encore, quelques passants se sont réfugiés sous les abris-bus afin de se protéger du vent. J'attends. Une petite voiture noire, un appel lumineux et me voici sur la banquette arrière, juste à côté du gros siège bébé. Les rues désertes sont vite parcourues tandis que nous échangeons des formules de courtoisie. Et nous sommes déjà devant le théâtre. Comme les trente personnes y faisant religieusement la queue avant nous. Nous retrouvons d'autres amis et les présentations sont faites sur un ton jovial. Un couple d'italiens devant nous est d'humeur légère et les blagues pleuvent à tout va. Je me sens bien. On tente une approche mode VIP qui passe et nous voilà assis dans de gros fauteuils de velours rouge.

 

Les lumières s'éteignent et la salle ne devient que rires et applaudissements pendant une heure et demie. Un sourire aux lèvres, il est déjà l'heure de rejoindre mon chez moi. Le retour se fait plus facilement, et nos rires résonent encore de quelques bonnes répliques. Déposée au coin de ma rue, je les remercie encore une dernière fois avant de rentrer chez moi.

 

Je rebondis alors sur mon lit, trouvant la vie soudain si belle, belle, belle. 

 

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Mercredi matin 7h45. Grrrr ... C'est quoi cette sonnerie déplacée ? Mon réveil me rappelle mes bonnes résolutions de la veille et c'est sans trop d'hésitations que je repousse la sortie du lit d'une bonne demi-heure ...

 

Une heure plus tard je suis prête à partir et glisse dans un gros sac mon oreiller, un tapis de sol et les deux petits coussins du club. J'attrape mon sac de cours et suis dans la rue, prête à braver le froid matinal lors de la montée herculéenne vers la fac. La BU m'accueille, avec une Emilie déjà bien studieuse et une Julie qui ne tarde pas à nous rejoindre.

 

 

13h, cours de voix. Après quelques mots échangés avec Marianne, bien résumés par sa voix pleine de sourires " Comme toujours se fut bref mais très sympa ! ", un énorme camping s'organise dans la petite salle 4/5. Un cours de relaxation magistral s'en suit, ponctué par les éclats de rire de Julie, mon binome dans l'exercice.

 

 

18h, sur le chemin du retour. A nouveau bien chargée, je papote un peu avec les unes et les autres avant de bien vite me rentrer. Je suis vannée. Alors que j'arrive devant la pizzeria un visage familier m'apparaît.

 

" - Excuse-moi mais tu serais pas une ortho toi ?

- Heu oui, je suis en première année.

- T'habites le quartier ?

- Oui depuis la rentrée.

- Mais c'est génial ça. Alors bienvenue. Moi c'est Camille, en deuxième année et j'habite juste là. Et sur ta gauche, exactement là, habite Solène, une charmante troisième année.

- Bon ba c'est toujours bon à savoir, ça, qu'il y a tout près des orthos sur qui ont peut compter !

- Tout à fait ! "

 

Nous nous quittons sur un bonsoir et c'est toute réjouie par la nouvelle que j'entre dans le hall d'entrée.

 

Un gros goûter devant moi, je surfe un peu tout en checkant mes mails. Mes yeux regardent l'heure. 19h05. Se pose alors la question existentielle : est-ce que je me lave les cheveux ce soir ou demain matin ? Vais-je pouvoir retourner au sport avant la fin de semaine ? Je jette un coup d'oeil à mon agenda et au planning du centre sportif. Je décide d'un coup de tête d'enfiler un survêt et entraîne mon sac de sport dans une course pour attraper un bus.

 

 

15 minutes plus tard, j'arrive à la bourre au cours de bodyattack, la faute aux embouteillages causés par les nouveaux travaux. Je pose mon sac dans un coin, enlève mon pull et m'élance sur la piste rejoindre les autres déjà bien en sueur. Et c'est le gros kiff. Mes cheveux relevés en une queue de cheval approximative, une mèche collée sur mon front, je deviens rouge à vitesse grand v mais qu'est-ce que c'est bon. Je me défoule, fendant l'air de mes bras et jambes. Je galère un peu dans la mise en route de certains mouvements assez rapides mais mon manque de coordination ne m'effraie plus. Je cours, saute, trottine, recule et danse. Mes cuisses souffrent le martyr lors des fentes toniques mais je tiens bon. J'aime cette douleur presque intenable, à la limite du masochisme. Parce que c'est bon. Ca prouve que ça travaille. J'enchaîne la coordination pompes, position du crabe, extension, plusieurs fois jusqu'à ce que la tête m'en tourne. " mais c'est nooormal " nous rassure la voix sous acides de la prof complètement en transe. Une heure après, le cours est enfin fini. Blasée, je ne prends même plus peur quand je surprends mon visage à la limite de l'écarlate dans la glace. Je m'emmitoufle dans ma doudoune et sors du complexe en même temps qu'un jeune homme. Je suis lobotomisée et ne tente même pas de parler dans l'ascenseur. Malheureusement, lui si. Suit un discours complètement anarchique :

 

Lui : " Vous sortez du dernier cours ?

Moi : Ouai c'était cool.

Lui : Ca s'appelle comment déjà ?

Moi : Heuuu ... J'sais plus.

Lui : D'accord, ben je regarderais sur le programme alors.

Moi : Moui, je sais que juste avant c'est le cours de LIA danse, mais là j'ai un gros trou je me rappelle plus le nom du cours."

 

Les portes de l'ascenseur s'ouvrent enfin et je pense pouvoir échapper à la suite de la conversation en me dirigeant rapidement vers les grandes portes de l'entrée. Manque de bol il parvient à y arriver avant moi et me tient l'une d'elles le temps que je passe.

 

Lui : " Et ça fait longtemps que tu es dans ce club ? "

 

Notez le passage du vouvoiement au tutoiement, sûrement du à mon aspect de tomate sur le point d'imploser doublé de troubles sérieux de la communication.

 

Moi : " Heu, une heure. Pardon, un an. Je suis claquée, désolée.

Lui : Y a pas de soucis. Et tu vas à d'autres cours aussi ?

Moi : Heu ouai, y a le bodybalance que j'aime bien mais les horaires sont pas toujours top. Et comme avec la fac on fini parfois tard ben du coup je tente d'autres cours. 

Lui : C'est quoi ?

Moi : Des exercices basés sur le yoga, des mouvements amples, un travail du dos ... Heu, des abdos aussi et puis pas mal d'étirements et renforcements. C'est assez cool et même y a des équilibres aussi, c'est assez intense.

Lui : Ah ok. 

Moi : Par contre moi je vais prendre mon bus donc ben bonne soirée.

Lui : Merci, à toi aussi ! "

 

A ce stade, mon cerveau est au bout du rouleau. Je me moque de mes réponses complètement tarées. Au moins je suis sûre qu'il fera tout pour ne pas avoir à me reparler. En même temps c'est quoi ces gens qui viennent faire la conversation alors qu'ils voient bien que t'es absolument pas en état de te concentrer sur autre chose que continuer à mettre un pied devant l'autre pour ne pas tomber avant d'arriver chez toi ?

 

J'accélère un peu la cadence pour pouvoir choper rapidement un bus. Plusieurs camions de déménagements bouchent l'accès de l'arrêt de bus et je slalome entre des sièges de bar encore bien enveloppés. Mais qu'est-ce qu'ils ont ce soir, ils veulent ma mort ? Le 16 arrive alors et décide de tracer. Par bonheur un des passants arrive à le stopper au feu rouge et j'ai juste le temps de traverser la route pour y rentrer. Une femme complètement bourrée jette sa clope à mes pieds. Je regarde, hagarde, le contenu du bus, pour m'apercevoir que je suis de loin la seule tête complètement vidée. Une black retient péniblement deux gros sacs de courses prêts à se renverser. Un homme murmure des choses bizarres avec un regard perdu dans la contemplation de ses pieds. Mais tout va bien.

 

 

Mon arrêt arrive enfin. Et je descends du bus, le contourne pour pouvoir traverser. La black est descendue en même temps que moi. Elle peine avec ses gros sacs à chaque main. " Vous voulez de l'aide ? ". Elle acquiesce dans un sourire. " Vous allez où ? ". " Antonia Augusta ? Ah ba comme moi alors. " Je m'empare d'un des sacs et marche à côté d'elle. Elle rit. " Merci beaucoup, j'étais en train de paniquer qu'il y en ait un qui lâche en plein milieu de la route. En même temps c'est ma faute, quand je fais les courses j'oublie toujours que je suis seule et que je n'ai que deux bras pour porter. Vous êtes à quel numéro au fait ? "

 

" Tout comme moi ! Ben ça alors, c'est mon jour de chance aujourd'hui. Bientôt vous allez me dire qu'on est au même étage et je vais vous bénir. " Je rigole à mon tour et dégaine mon trousseau de clefs pour ouvrir la porte du hall. Dans l'ascenseur elle tente alors de libérer une de ses mains et me la tend en déclarant " Ben moi c'est *****, enchantée de t'avoir rencontrée. " 

 

J'aime cette démarche toute simple et répond en écho. J'arrive enfin chez moi quelques étages plus haut et laisse tomber au sol sac, chaussures, manteau et vêtements. Suivie de près par Maguy, je me rue sous la douche. Et quel délice de sentir l'eau sur ma peau rougie par l'effort ! Des étoiles dans les yeux par tant d'événements dans mon quotidien, je décide alors d'aller vite les raconter sur mon blog, afin de vous faire part de ces journées de parfois pure folie, mais que j'aime passionnément.

 

 

PS :**** = mon cerveau si sophistiqué a enregistré l'information pendant une demie seconde avant de complètement l'oublier, d'où ce suspens concernant le prénom d'une nouvelle voisine. Je vous l'ai dit, je suis L-O-B-O-T-O-M-I-S-E-E. 

 

RePS : veuillez me pardonner par avance les nombreuses fautes d'orthographe que mes yeux n'auront pas analysées. Vus les échantillons de mon discours oral dans cet article faut pas s'attendre à beaucoup mieux concernant l'écrit ;)

 

RerePS : en photo, les deux acteurs fabuleux de la pièce que je suis allée voir hier soir " L'amour est aveugle mais le mariage lui rend la vue " qui se produit actuellement sur Nice jusqu'au 19 février ( MMMmmh pensée pour mon amoureux que j'aime <3 )

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Published by pillapon - dans Récits
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commentaires

pillapon 28/01/2012 18:16

Loool merci ;)
Je viens d'ailleurs de rentrer, je me fais un bon goûter pour me réchauffer de ce temps pourri !
Ben écoute ça serait avec plaisir, n'hésite pas à franchir la rue quand tu n'en peux plus ;)
des bisous

Solène 28/01/2012 11:42

Mais tu ne t'arrêtes jamais toi !! ^^ j'avais l'impression de t'entendre en lisant tout ça
Réserve moi un petit créneau dans ton emploi du temps de ministre pour ce week-end, que je fasse une pause dans mon bégaiiiiiiiement....... ;-)

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